VTC en colère à l'aéroport de Nice : mobilisation contre la concurrence
VTC en colère à Nice : mobilisation contre la concurrence

Plusieurs chauffeurs VTC niçois se sont rassemblés au terminal 1 de l’aéroport de Nice dans la soirée du jeudi 14 mai 2026 afin d’alerter sur leurs conditions de travail, alors que se tient le festival de Cannes et qu’approche le Grand Prix de Monaco, début juin. Présent sur place aux côtés de Patrick Allemand, conseiller municipal et métropolitain de Nice, le collectif APRES06 a échangé avec des professionnels du secteur. Ils dénoncent une concurrence jugée « massive et déséquilibrée », et une situation devenue « intenable ».

Un afflux massif de chauffeurs

Selon les représentants, environ 7 000 chauffeurs VTC travaillent habituellement dans les Alpes-Maritimes. Mais avec le Festival de Cannes, entre 8 000 et 12 000 chauffeurs supplémentaires venus de toute la France pourraient rejoindre le territoire dans les prochains jours. « Il y a beaucoup de colère et c’est grave ce qui se passe. Avec l’envahissement des chauffeurs parisiens, notre chiffre d’affaires stagne, voire baisse », déplore Karim Oubaali, un des membres du collectif. La création d’un syndicat de VTC est à l’étude.

Des problèmes de sécurité et de régulation

Karim Oubaali s’inquiète de certaines problématiques très dangereuses : « Il y a des chauffeurs sans permis, sans carte professionnelle, sans assurance. Que se passera-t-il pour les clients s’il y a un accident grave sur l’autoroute ? Ça peut finir au pénal, ça peut avoir des conséquences dramatiques pour les familles. » Au cœur des revendications : l’absence de sectorisation à Nice. Les chauffeurs mobilisés estiment qu’un VTC basé dans une autre région ne devrait pouvoir venir exercer librement sur la Côte d’Azur, alors que certaines zones appliquent des règles plus restrictives, notamment à Monaco ou dans certains départements. « Le préfet devrait prendre un arrêté de sectorisation, incluant les chauffeurs du Var avec lesquels nous travaillons bien », estime Karim Oubaali.

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Des contraintes économiques lourdes

Les VTC rappellent également leurs contraintes économiques : le paiement de leurs charges et de la TVA, tout en travaillant via des plateformes « qui prélèvent une part importante sur les courses ». S’ajoute à ces charges les prêts pour des véhicules onéreux, la réglementation exigeant des véhicules récents.

Une action politique en vue

À l’issue de cette rencontre, Patrick Allemand a annoncé vouloir saisir le préfet afin de demander une régulation plus claire du secteur, une réflexion sur la sectorisation ainsi qu’un renforcement des contrôles. « Je vais réécrire au préfet, auquel j’ai écrit il y a quelques mois d’ailleurs, et qui ne m’a pas répondu. C’est lui qui a la maîtrise de la sectorisation. Et on déposera un vœu au conseil municipal ou métropolitain. » Patrick Allemand redoute un incident plus grave. « L’objectif n’est pas d’opposer les travailleurs, mais de garantir des règles justes pour tous », indique APRES06, qui affirme rester attentive à une situation « touchant directement l’économie locale et les conditions de travail de nombreux Niçois ».

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