Les magistrats français ont recensé 88 000 plaintes pour violences sexuelles contre des enfants, une donnée rendue publique après les annonces du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin. Ce chiffre, issu d’un recensement effectué par la Chancellerie, illustre l’ampleur des violences faites aux mineurs dans le pays.
Un recensement sans précédent
Selon les informations transmises par la direction des affaires criminelles et des grâces, ce recensement a été réalisé à la demande de la ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti. Il couvre la période allant de 2017 à 2021. Les 88 000 plaintes concernent des faits de viols, d’agressions sexuelles et d’atteintes sexuelles sur des enfants de moins de 15 ans.
Ce chiffre marque une augmentation significative par rapport aux années précédentes. Les magistrats soulignent que cette hausse est en partie due à une meilleure prise de parole des victimes et à une sensibilisation accrue de la société.
Les annonces de Gérald Darmanin
Gérald Darmanin avait annoncé, en juin 2022, la mise en place de mesures visant à renforcer la lutte contre les violences sexuelles sur mineurs. Parmi ces mesures figurent la création d’un fichier dédié aux auteurs de violences sexuelles sur enfants et le renforcement des peines encourues.
Le ministre de l’Intérieur avait également insisté sur la nécessité d’améliorer le recueil des plaintes et le suivi des affaires. Les magistrats, de leur côté, ont salué ces annonces tout en appelant à des moyens supplémentaires pour faire face à l’afflux de dossiers.
Des chiffres alarmants
Les 88 000 plaintes recensées représentent une moyenne de 17 600 par an. Cependant, les associations estiment que le nombre réel de victimes est bien plus élevé, car de nombreuses violences ne sont pas signalées. Selon une étude de l’Observatoire national de la protection de l’enfance, seules 10 % des victimes de violences sexuelles porteraient plainte.
Face à cette situation, les magistrats appellent à une mobilisation générale. « Il est urgent de donner les moyens à la justice de traiter ces dossiers dans des délais raisonnables », a déclaré un représentant de l’Union syndicale des magistrats.
Des pistes d’amélioration
Parmi les pistes évoquées figurent la formation des policiers et des gendarmes à l’accueil des victimes mineures, ainsi que la création de pôles spécialisés au sein des tribunaux. « Nous avons besoin de magistrats référents, formés spécifiquement à ces questions », a ajouté le syndicat.
Les associations de protection de l’enfance, quant à elles, réclament une campagne nationale de sensibilisation et un meilleur accompagnement psychologique des victimes. « Chaque plainte est un cri de détresse. Il ne doit pas rester sans réponse », a insisté une porte-parole de l’association Enfance et Partage.



