Le 21 février 2022 à Nice, Saïd Boutaleb avait frappé son épouse à trois reprises au visage avec une feuille de boucher. Ce vendredi après-midi, la cour d'assises du Var l'a condamné en appel à 30 ans de réclusion pour tentative de meurtre par conjoint, une peine identique à celle prononcée en première instance.
Un acte d'une violence inouïe
Ce jour-là, dans l'appartement familial de la rue Cavendish, le quadragénaire avait asséné trois coups de feuille de boucher au visage de Johanna, sa conjointe. Aujourd'hui, six plaques en fer et une multitude de vis maintiennent sa mâchoire. « Je ne peux toujours pas manger de ce côté, ni souffler dans un ballon », confie-t-elle dans un soupir.
La défense tente de minimiser
Durant quatre ans, Saïd Boutaleb a refusé d'admettre avoir utilisé cette arme, tout en reconnaissant avoir frappé la mère de ses trois enfants après une dispute. Ce n'est que mercredi, à l'ouverture de son procès en appel, qu'il a enfin avoué. « Il est humain de vouloir minimiser sa responsabilité morale », a plaidé son avocat, Me Bruno Rebstock, saluant cet aveu tardif.
Mais pour l'avocat général Pierre Cortès, il s'agissait de « mensonges en cours d'adaptation ». Face à l'amnésie traumatique de la victime, la vérité de l'accusé est restée instable.
Une condamnation sans appel
Après quatre heures de délibéré, les jurés varois ont été impitoyables. Saïd Boutaleb a été reconnu coupable de tentative de meurtre par conjoint et condamné à 30 ans de réclusion criminelle, assortie d'une période de sûreté des deux tiers et d'une interdiction définitive du territoire. Une peine identique à celle de Nice en 2025.
Me Pauline Rongier, partie civile, a qualifié ce crime de « crime de propriétaire, pas d'amour », rappelant une relation marquée dès 2014 par des violences conjugales et une emprise mortifère. « Johanna dormait, incapable de se défendre », a souligné l'avocat général. Les voisins n'ont rien entendu, et elle ne présente aucune lésion de défense.
La défense a tenté de contester l'intention homicide, arguant que « Saïd Boutaleb n'a jamais souhaité la mort de son épouse », mais la cour a tranché. Ce vendredi, la réalité s'est transformée en vérité judiciaire.



