Une candidate voilée ciblée par une haine décomplexée sur les réseaux sociaux
Candidate voilée ciblée par une haine décomplexée en ligne

Une violence décomplexée, pire qu'en 2020. Une candidate figurant sur une liste aux élections municipales dans une commune de Meurthe-et-Moselle a déclaré lundi à l'Agence France-Presse avoir porté plainte après qu'une photo d'elle voilée a déclenché un flot d'injures sur les réseaux sociaux.

Une élue locale ciblée par des commentaires haineux

Conseillère municipale depuis 2020 et adjointe au maire chargée du lien social et intergénérationnel à Réhon, une commune d'environ 4 000 habitants, Aurore Katramiz figure de nouveau sur la liste sans étiquette du maire sortant Jean-Pierre Weber. Sa photo ainsi que celle d'un colistier ont été récemment présentées sur les réseaux sociaux, déclenchant des commentaires haineux, comme l'a rapporté le média local Ici Lorraine.

Des références explicites au Bataclan et aux Frères musulmans

« J'avais déjà été critiquée à l'époque, en 2020, mais pas à ce point-là, pas avec autant de violence », a-t-elle déclaré à l'AFP. Elle précise avoir été la cible de commentaires faisant référence à l'attentat du Bataclan en novembre 2015 et aux Frères musulmans, une organisation islamiste.

« C'est explicite, c'est complètement décomplexé, les gens déversent leur haine sans connaître la personne », a-t-elle témoigné. Elle explique que cela lui « fait mal » d'être qualifiée « d'antirépublicaine ». « On ne peut pas dire que je suis antirépublicaine, autrement je ne serais pas là, présente, à m'investir pour ma commune », a balayé l'élue de 39 ans.

Une engagement local malgré les insultes

Aurore Katramiz explique qu'elle porte le voile parce qu'elle est « de confession musulmane » mais qu'elle n'est « pas là pour faire du prosélytisme ». Les insultes, « ce n'est pas ça qui m'arrêtera », assure-t-elle, ajoutant avoir reçu des marques de soutien de nombreux habitants de la commune.

Face à cette vague de haine en ligne, Aurore Katramiz a indiqué avoir porté plainte dimanche pour incitation à la haine et injure publique. Cette plainte vise à lutter contre les discours de haine qui se propagent sur les plateformes numériques, un phénomène qui semble s'être intensifié depuis sa première campagne en 2020.