Deux mois de vacances. Un temps précieux pour se lever tard, voyager, lire, se promener, ou simplement regarder la télévision. C'est l'occasion de retrouver les amis, de flirter, de se baigner, de bronzer, ou de ne rien faire du tout. Dans une société où tout semble accélérer à un rythme effréné, les vacances scolaires d'été représentent une pause rare et essentielle.
La proposition présidentielle de raccourcir la trêve estivale
Faut-il les réduire ? C'est en tout cas l'avis d'Emmanuel Macron. Interrogé par les confrères de Brut, le président de la République a réitéré son souhait de raccourcir la trêve scolaire estivale. « Je pense qu'un gros mois de vacances, ce serait envisageable », a-t-il précisé. Son objectif ? « Aller vers des journées plus courtes pour nos collégiens et nos lycéens. » Des journées qui commenceraient plus tard et se termineraient plus tôt, afin de permettre aux élèves de pratiquer du sport ou des activités culturelles en dehors du temps scolaire.
Les adolescents défendent farouchement leurs deux mois de liberté
Mais qu'en pensent les principaux concernés ? Assise aux abords du lycée Coëtlogon, à Rennes, Lina, 17 ans, n'est clairement pas d'accord avec la proposition du président. « C'est les seules vraies vacances qu'on a ! Tu peux profiter à fond. Moi, je ne m'ennuie pas du tout. Je vois mes copines, je pars en vacances, ça fait trop du bien », explique-t-elle. À ses côtés, son amie Anano va même plus loin. « En été, tu n'as pas de travail à faire, tu peux profiter. Pour moi, deux mois, c'est même trop court, parce que ça passe hyper vite. Il faudrait même trois mois », affirme cette élève de seconde.
Vous trouvez cela exagéré ? Eh bien sachez qu'avec leurs huit semaines de vacances en été, les élèves français se situent dans la moyenne basse européenne. En Italie, par exemple, les vacances durent presque trois mois ! « Quand tu as deux mois, tu as le temps de te poser, de profiter de ta famille. Tu es tranquille, tu n'as pas de pression. Alors oui, parfois tu t'ennuies, mais ça ne dure pas longtemps », témoigne Soane, élève en 4e au collège Emile-Zola.
L'argument des semaines allégées ne convainc pas la majorité
L'idée d'alléger les semaines de cours en échange d'une réduction des vacances d'été ? Elle ne séduit pas grand monde. Au milieu de sa bande d'amis du lycée Zola, Hippolyte fait figure d'exception. « Je préfère qu'on m'enlève un peu de vacances d'été mais qu'on m'allège les semaines. Là, j'ai l'impression d'être toujours fatigué, je n'ai rien le temps de faire. Il y a des jours où on finit à 18 heures et quand on rentre, on a des devoirs à faire. J'ai été en échange en Allemagne. Là-bas, ils finissent les cours plus tôt pour faire du sport ou des activités. Je trouve ça super ».
Autour de lui, ses amis sourient mais ne partagent pas cet avis. « Les deux mois d'été, c'est une vraie pause entre les deux années scolaires, tu as du temps, c'est vraiment chill », lui répond Loïeza, élève en seconde. « L'été, il fait chaud, tu profites, t'es pas stressé. Si tu enlèves deux semaines, c'est pas pareil », enchaîne Noah.
Les vacances d'été : une opportunité pour travailler et voyager
Pour les plus âgés, les deux mois de vacances représentent aussi l'occasion de se frotter aux jobs d'été et aux premières expériences professionnelles. Pour Nykoloz, « si tu n'as qu'un mois, soit tu travailles, soit tu es en vacances. Là, on peut faire les deux ». Pour ce Géorgien de 18 ans, l'été est également l'opportunité de « rentrer au pays, pour voir la famille ». « Si tu n'as que deux semaines, tu ne peux pas rentrer », ajoute son ami El-Hayoum. Originaire de Mayotte, le jeune homme est arrivé en métropole il y a trois ans, sans connaître personne ou presque. « Le premier été ici, c'était un peu long, parce que je n'avais pas grand-chose à faire. Donc tu t'ennuies un peu », reconnaît-il.
Cette inégalité d'accès aux activités estivales est l'un des arguments avancés par ceux qui souhaitent raccourcir les congés d'été. Si pour les plus aisés, les deux mois permettent de voyager, pour d'autres, l'été se passe entièrement dans le quartier. « Mais tu peux au moins aller dans ta famille, tu peux toujours bouger », assure Nykoloz. « Moi, mes parents sont divorcés donc l'été, j'ai le temps d'aller voir les deux. Je ramène des copains, on va dans la forêt, on a le temps », témoigne Adam. L'étudiant de 18 ans est loin d'être un cas isolé. En France, un quart des mineurs ont des parents séparés. Un raccourcissement des vacances ou un fonctionnement par zone pourrait constituer un véritable casse-tête pour toutes ces familles recomposées.
La dernière vraie pause avant l'âge adulte
Ces deux mois constituent peut-être aussi la dernière vraie pause avant l'entrée dans une vie d'adulte. Un temps long qu'on ne retrouvera peut-être pas avant une hypothétique retraite. Tous les adolescents interrogés ignoraient le nombre de semaines de congés payés auxquels les salariés français ont droit. Rappelons que la loi impose un minimum de cinq semaines par an. « Ouah, ça va faire bizarre », répondent Soane et ses copines en rigolant. Alors, profitez-en tant qu'il est encore temps.