L'Union européenne se penche sur l'interdiction des réseaux sociaux aux mineurs
L'Union européenne devrait-elle interdire l'accès aux réseaux sociaux pour les mineurs, à l'instar de plusieurs pays membres qui envisagent déjà cette mesure ? Des experts vont examiner cette question cruciale à partir de jeudi, avec pour mission de remettre des recommandations détaillées à la Commission européenne cet été.
Un comité d'experts sous la présidence de von der Leyen
La présidente de l'exécutif européen, Ursula von der Leyen, assistera personnellement à la réunion inaugurale de ce comité d'experts spécialisé. Un porte-parole de l'UE a confirmé cette information mardi devant la presse, bien qu'il n'ait pas divulgué les noms des spécialistes qui participeront aux travaux approfondis. L'objectif principal est que ce groupe d'experts formule des recommandations concrètes à la Commission cet été, après quoi des décisions politiques seront prises en conséquence.
Une initiative annoncée depuis septembre dernier
La création de ce panel dédié à la protection des mineurs en ligne avait été officiellement annoncée en septembre dernier par Ursula von der Leyen elle-même. Initialement prévu pour voir le jour avant la fin de l'année 2025, le comité a été accéléré dans son calendrier. La présidente de la Commission s'était déjà déclarée personnellement favorable à une interdiction des réseaux sociaux aux enfants, tout en précisant qu'elle ne préconiserait pas directement une telle mesure au niveau européen sans l'avis des experts.
Elle avait souligné qu'elle prendrait en compte les recommandations de ce panel d'experts avant de faire des propositions législatives sur ce sujet sensible.
L'UE suit l'exemple de l'Australie et de plusieurs États membres
Entre-temps, plusieurs États membres de l'Union européenne ont emboîté le pas de l'Australie, pionnière en la matière, et ont annoncé leur intention d'instaurer une majorité numérique pour l'accès aux réseaux sociaux. Parmi ces pays, on compte notamment :
- La France, qui réfléchit activement à cette mesure
- L'Espagne, où des discussions sont en cours
- Le Danemark, qui envisage sérieusement cette option
De son côté, le Parlement européen a pris position en proposant d'instaurer une majorité numérique à l'échelle de toute l'Union européenne, qui serait fixée à 16 ans. Cette proposition législative pourrait servir de base aux travaux du comité d'experts et aux futures décisions de la Commission.
Le débat sur la protection des mineurs en ligne s'intensifie donc au sein des institutions européennes, avec des implications potentielles majeures pour les politiques numériques des vingt-sept États membres.



