Des dizaines d’élèves de Dordogne et de Gironde ont vécu une journée d’immersion, mardi 5 mai, dans le studio bordelais d’Ubisoft, emblème du jeu vidéo. Cette visite est l’aboutissement d’une année d’initiation visant à prévenir le décrochage scolaire.
Une immersion dans l’univers sonore
Dans le confort ouaté d’un petit studio son, au premier étage du site Ubisoft, rive droite à Bordeaux, Étienne Marque, directeur audio, a dévoilé toutes les subtilités de l’architecture sonore d’un jeu vidéo. Du gazouillis des oiseaux dans Assassin’s Creed Mirage, développé ici même, au froissement d’une chemise, les élèves ont découvert les coulisses de la création sonore.
Sur le canapé qui lui faisait face, les quelque 75 élèves participant à cette nouvelle édition du festival techno-numérique ont défilé. Ce programme au long cours est porté par l’association franco-québécoise Fusion jeunesse, qui lutte contre le décrochage scolaire.
Un parcours de création collective
De travail sur le son aux phases de test (playtest) dans une salle dédiée : quatre établissements, trois en Gironde et un en Dordogne, ont été retenus pour cette journée d’immersion dans l’antre bordelaise d’Ubisoft, où 400 personnes travaillent depuis un an et demi. L’effet est garanti dans ce bâtiment baigné de lumière, loin des annonces de refonte du groupe français et de son plan drastique d’économies.
« C’est beau ! », a soufflé Elina, élève de 4e à Eymet. Mais au-delà de la visite du jour, c’est l’aboutissement d’une année scolaire passée à imaginer des prototypes de jeux vidéo, à écrire des scénarios, à créer des univers graphiques. Bref, à se révéler autrement, et collectivement.
« Un travail d’équipe, une émulation », insiste Gabriel Bran-Lopez, président fondateur de Fusion jeunesse, pour mieux prévenir le « décrochage scolaire silencieux ». L’association fait l’interface avec des entreprises comme Ubisoft, partenaire de longue date, à travers des interventions dans les classes retenues, toujours en lien avec un mentor, un parrain de l’entreprise.
Benjamin Vic, directeur de production associé, explique : « Ce qu’ils font pendant un an, c’est littéralement la même chose que ce que nous vivons. Mais l’idée n’est pas forcément de les amener vers l’industrie des jeux vidéo : les valeurs de partage, la compréhension d’un problème, tout cela leur servira plus tard et c’est ce qui est le plus important pour nous. »



