À Tornac, un troupeau de moutons manifeste contre la fermeture d'une classe de CP
Tornac : des moutons contre la fermeture d'une classe

Un troupeau de 230 moutons manifeste contre la fermeture d'une classe à Tornac

Ce lundi 20 avril 2026, un spectacle inhabituel s'est déroulé devant la mairie de Tornac dans le Gard. Environ 230 moutons blancs, propriété du berger et parent d'élève Thomas Marcilly, ont accueilli l'inspectrice académique Céline Garcia venue rencontrer les maires des communes concernées par la fermeture annoncée d'une classe de cours préparatoire (CP).

Une décision contestée prise sans concertation

La fermeture de la classe de CP du regroupement pédagogique intercommunal (RPI) de Massillargues-Attuech et Tornac a été annoncée lors de la récente carte scolaire, sans consultation préalable des élus locaux. Marielle Vigne, maire de Tornac, exprime son incompréhension : "C'est une décision prise sans concertation que je ne comprends pas. J'ai appris la chose il y a quinze jours lorsque l'inspectrice a appelé pour nous demander un rendez-vous, après avoir annoncé la fermeture de la classe..."

Les deux maires, Aurélie Génolher de Massillargues-Attuech et Marielle Vigne de Tornac, attendaient cette rencontre avec l'inspectrice académique pour connaître les motivations de cette décision qui inquiète profondément les parents d'élèves, les enfants et les habitants.

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Un exercice d'arithmétique grandeur nature

Malgré les vacances scolaires, un véritable exercice de calcul s'est imposé devant la mairie. Les parents d'élèves ont détaillé les chiffres qui rendent cette décision incompréhensible :

  • 114 élèves répartis en 6 classes en 2025
  • 116 élèves comptabilisés cette année
  • Ces mêmes élèves devraient désormais se masser dans seulement 5 classes

Une banderole accompagnée d'un dessin de sardines interrogeait : "Où est la logique ?" Cette fermeture devrait en effet élever le nombre d'élèves par classe au-dessus de la moyenne nationale de 21 élèves. Pire encore, le nombre d'élèves s'est porté entre-temps à 119 ou 120, renforçant l'absurdité de la situation selon les manifestants.

Une école attractive menacée

Le RPI de Tornac-Massillargues-Attuech bénéficie d'une réputation d'excellence pédagogique. Aurélie Génolher souligne : "L'enseignement est inspiré par la méthode Freinet, en lien avec l'environnement, ce qui séduit des parents venant d'écoles alternatives."

Solveig, une maman arrivée d'une école Montessori, confirme : "Ici, les enseignants sont disponibles, les Atsem sont bienveillantes, cela donne vraiment confiance." Cette qualité d'enseignement attire de nouvelles familles, notamment grâce au projet "cœur de village" porté par la municipalité qui comprend des logements et des commerces pour renforcer l'attractivité du territoire.

Un combat récurrent pour la sauvegarde de l'école

Cette manifestation pastorale n'est pas le premier combat mené pour sauver cette école. L'an dernier déjà, une mobilisation avait été nécessaire pour préserver le RPI. L'ironie de la situation est accentuée par les déclarations récentes du ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffrey, qui souhaitait dans une interview "se rapprocher des 19 élèves par classe".

Thomas Marcilly, le berger propriétaire des moutons, résumait avec malice le paradoxe de la situation : "Si le projet de l'Éducation nationale est de remplir des classes pour n'avoir qu'un troupeau à éduquer, je peux me reconvertir !"

Les communes craignent particulièrement l'impact de cette fermeture alors que Massillargues-Attuech intègre un lieu de vie et des familles d'accueil, ce qui génère des arrivées de familles, et donc d'enfants, de manière soudaine et souvent en cours d'année. La confiance des parents risque de s'envoler avec cette classe, mettant en péril l'avenir même de cette école rurale de qualité.

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