Mobilisation citoyenne devant le bureau de vote d'Aristide-Briand
Dimanche 15 mars au matin, les parents d'élèves de l'école Aristide-Briand ont saisi l'opportunité des élections municipales pour se faire entendre. L'établissement public de la rive droite à Bayonne servant de bureau de vote, ils ont interpellé les citoyens se rendant aux urnes pour les informer du risque de suppression d'une classe à la prochaine rentrée scolaire.
Sur le chemin des urnes, les parents ont distribué des tracts et proposé de signer une pétition pour dénoncer cette mesure. Des banderoles accrochées aux abords de l'école affichaient des slogans percutants : « École REP en danger », « On est des enfants, pas des sardines » ou encore « Réussite en péril ». Ces messages traduisaient l'inquiétude grandissante depuis le conseil d'école du jeudi 12 mars, où la possible fermeture de classe avait été annoncée.
Une école prioritaire menacée
Les banderoles rappelaient également qu'Aristide-Briand fait partie du Réseau d'éducation prioritaire (REP) bayonnais. Ce classement par l'Éducation nationale est supposé renforcer les moyens éducatifs pour répondre aux besoins d'une population défavorisée et tenter d'atténuer les inégalités sociales. La possible suppression d'un poste d'enseignant remettrait en cause ce principe fondamental.
Cette année, l'école élémentaire accueille 135 élèves. Les projections pour la rentrée 2026 se situent actuellement à 124 élèves. Ce delta de 11 élèves justifierait, aux yeux des autorités académiques, la suppression d'un temps plein d'enseignant. Cependant, Ilona Bouillon, mère d'élève et porte-parole des parents mobilisés, pointe une statistique trompeuse.
Des arguments pédagogiques solides
« Cette logique ne prend pas en compte le fait que les Grandes Sections de maternelle bilingue sont déjà dans l'effectif élémentaire car ils partagent la classe avec les CP », explique-t-elle. La mère d'élève décrit une année 2026-2027 de transition, avant qu'une cohorte plus importante d'actuels Moyenne Section ne renforce les effectifs dans un an et demi.
Elle ajoute : « En plus, à partir de septembre 2027, nous accueillerons ponctuellement des élèves de l'école de la Citadelle où des travaux sont prévus ». Ces éléments contextuels, selon les parents, invalident la justification administrative de la suppression de classe.
Des conséquences concrètes sur l'enseignement
Au-delà des considérations numériques, les parents déplorent des conséquences pédagogiques directes : « des classes de CE2, CM1 et CM2 qui passeraient au moins à 24 élèves, avec des classes à 2 niveaux ». Ils s'inquiètent particulièrement des conditions dans lesquelles le principe de dédoublement des classes, mesure gouvernementale bien installée, pourrait se faire à l'avenir à Aristide-Briand.
La question cruciale se pose : maintenir le dédoublement dans certaines classes se fera-t-il au détriment d'autres ? Plus globalement, les parents redoutent que la suppression d'un poste d'enseignant compromette « la prise en compte des besoins de tous les élèves ».
Un contexte scolaire déjà fragilisé
Cette inquiétude est d'autant plus vive que l'établissement accueille des enfants allophones et porte une attention spécifique à deux élèves autrefois accueillis dans l'Unite localisée pour l'inclusion scolaire (classe Ulis). Rappelons que ce dispositif pour la scolarisation des élèves en situation de handicap a vu son poste supprimé l'année dernière à Aristide-Briand, fragilisant déjà l'accompagnement des élèves les plus vulnérables.
Les instances académiques confirmeront leurs arbitrages le 31 mars. D'ici là, les parents d'Aristide-Briand, qui ont écrit à la mairie, promettent de poursuivre leur mobilisation. Ils prévoient notamment :
- Des actions de sensibilisation dans le quartier
- Une collecte de signatures pour leur pétition
- Des rencontres avec les élus locaux
- Une présence accrue lors des prochains conseils d'école
Cette mobilisation citoyenne illustre la vigilance des parents face aux décisions administratives qui impactent directement la qualité de l'enseignement dans les écoles prioritaires. L'enjeu dépasse la simple question des effectifs pour toucher à l'équité éducative et à la réussite scolaire des enfants les plus défavorisés.



