Les parents d'élèves scolarisés en classes à horaires aménagés musique (Cham) à l'école Darsonval de Nice tirent la sonnette d'alarme. Ils dénoncent une situation délétère marquée par des arrêts maladie à répétition, des remplacements provisoires et un manque de communication de la part de l'équipe pédagogique. Certains craignent même la disparition de ce programme, ce que le Rectorat de Nice et le Conservatoire démentent formellement.
Une valse des enseignants qui perturbe les élèves
Selon plusieurs parents, l'ambiance s'est dégradée depuis trois ans, avec l'arrivée d'une nouvelle directrice qui peinerait à communiquer. « Mon fils est en CE2. L'an dernier, sa maîtresse s'est mise en maladie. Elle est revenue en mi-temps thérapeutique… sans être remplacée la moitié du temps. Les enfants ont alors été dispatchés dans d'autres classes, mais de niveaux différents, où ils ont visiblement fait pas mal de coloriages », raconte Dorian, un parent. À la fin de l'année, cette maîtresse a obtenu sa mutation.
À la rentrée 2025, une nouvelle maîtresse a rapidement passé en mi-temps thérapeutique, enchaînant les arrêts maladie avec plusieurs remplaçants. Le 1er juin, une sortie scolaire a été annulée au dernier moment, la maîtresse étant absente sans explication. Les parents ont ensuite appris sa mutation avec effet immédiat et interdiction d'entrer en contact avec les enfants. L'une des enseignantes a même déposé une requête pour excès de pouvoir et un recours indemnitaire contre le Rectorat, selon le tribunal administratif de Nice.
Des craintes sur l'avenir des Cham
Les parents s'interrogent sur l'avenir du programme. Une représentante des parents d'élèves affirme qu'environ 70 enfants postulaient pour intégrer les Cham en 2020, contre une trentaine aujourd'hui. Le Rectorat conteste cette baisse, assurant que les demandes sont stables. « Il n'existe aucun projet de suppression de la section Cham à l'école Darsonval. L'académie reste attachée à ce dispositif », indique-t-il.
La directrice du Conservatoire, Clarissa Severo de Borba, se dit « pleinement engagée aux côtés du Rectorat et de l'école Darsonval pour garantir la pérennité, la qualité et l'excellence de ce parcours ». Les parents, eux, soupirent : « Depuis le début, on nous fait des réponses policées ». Ils ne demandent qu'une chose : que la situation s'apaise, dans l'intérêt des enfants. (Tous les prénoms ont été changés à la demande des personnes interviewées.)



