Méritocratie scolaire : le doute des bons élèves
Méritocratie scolaire : le doute des bons élèves

Alors que des centaines de milliers de jeunes sont soumis aux examens de fin d'année, le journaliste Gurvan Le Guellec interroge la notion de méritocratie dans le système scolaire français. Il rappelle que les épreuves commencent dès le brevet des collèges, se poursuivent avec le bac et Parcoursup, et culminent avec les concours du supérieur. Le Larousse définit une épreuve comme une « difficulté qui éprouve le courage de quelqu'un, qui provoque chez lui de la souffrance ». Selon l'auteur, le plaisir d'apprendre est difficile à trouver dans ce système.

Ceux qui croient encore au mérite

L'article distingue plusieurs catégories parmi les défenseurs de la méritocratie : les jeunes lauréats fiers de leurs réussites, les anciens très bons élèves soucieux de préserver leurs privilèges, et les parents d'anciens élèves moyens qui projettent sur leurs enfants leurs frustrations passées. Face à eux, il y a les cancres et les anciens bons élèves qui doutent de leur propre mérite.

Les critiques de l'excellence

Le journaliste évoque des « mauvaises rencontres » intellectuelles qui ont nourri son doute : Hélène Perlant et son attaque de la notion d'excellence, qu'elle juge anti-intellectuelle, et Bernard Lahire, dont l'ouvrage « Enfances de classe » (Seuil, 1200 pages) déconstruit le mythe du génie comme imposture. Pour Lahire, la mise au travail n'est qu'un concours de circonstances et les transfuges de classe sont des « grains de hasard » poussés par leur entourage.

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Le poids du déterminisme social

L'auteur reconnaît que ce déterminisme peut agacer, et cite Hermann Hesse pour défendre la prévalence des grands esprits (Goethe, Mozart, Novalis) comme sources de réconfort. Mais il estime que la sociologie, bien pensée, n'enlève rien aux qualités individuelles tout en constituant un antidote à l'orgueil. Il note que les élites formées dans les années 1980-1990 n'ont pas été initiées à cette pensée critique, contrairement aux générations plus récentes, ce qui pourrait être un motif d'espoir pour la société.

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