L'Université de Pau et des Pays de l'Adour s'engage dans l'ère de l'intelligence artificielle
L'Université de Pau et des Pays de l'Adour (UPPA) prend des mesures concrètes pour accompagner ses étudiants et enseignants dans la révolution numérique. Dès la rentrée prochaine, tous les étudiants inscrits en première année de licence, quelle que soit leur discipline, devront suivre des enseignements obligatoires de sensibilisation à l'intelligence artificielle générative.
Un socle commun de connaissances pour maîtriser les outils IA
Ce programme éducatif innovant proposera un socle commun de connaissances et de compétences essentiel pour naviguer dans le monde numérique contemporain. Les étudiants aborderont notamment les aspects techniques fondamentaux de l'IA, les enjeux éthiques cruciaux, la maîtrise des « prompts » (ces instructions données aux intelligences artificielles), l'identification des outils pertinents, ainsi que les limites inhérentes aux intelligences artificielles génératives.
Karine Rodriguez, vice-présidente de l'UPPA, souligne l'importance de cette démarche : « Nous naviguons entre opportunités et risques avec l'intelligence artificielle. Pour les étudiants, l'IA peut se révéler un atout précieux pour mieux formuler leurs idées, synthétiser des documents ou réviser efficacement. Pour les enseignants, c'est une aide précieuse à la production de ressources pédagogiques et de supports d'évaluation. »
Les opportunités et les risques de l'intelligence artificielle
L'experte universitaire met en lumière les bénéfices considérables que peut apporter cette technologie : « C'est autant de temps de gagné pour se consacrer à l'accompagnement personnalisé des étudiants. L'IA offre aussi la possibilité d'analyser finement l'apprentissage des étudiants en identifiant, par exemple, leurs points de blocage spécifiques. »
Cependant, Karine Rodriguez alerte également sur les risques associés : « Les risques de fraude se développent de manière importante, mais il y a aussi les risques en termes de fuites de données personnelles ou de violations des droits d'auteur. Il existe également des dangers liés à une méconnaissance ou à une mauvaise utilisation de l'IA. Rédiger un « prompt » efficace, cela s'apprend véritablement. »
La vice-présidente insiste particulièrement sur un point crucial : « Il ne faut absolument pas prendre les réponses de l'IA pour argent comptant. L'intelligence artificielle ne génère pas une vérité absolue mais des probabilités, avec souvent de nombreux biais intégrés qu'il faut savoir identifier. »
Une adaptation collective et des innovations technologiques
Pour répondre à ces défis, l'UPPA mène un travail collectif ambitieux associant les enseignants, les étudiants et la direction d'accompagnement à la pédagogie. L'université a déjà actualisé ses règlements internes et sa charte des examens, tout en sensibilisant l'ensemble de la communauté universitaire aux usages responsables de l'intelligence artificielle.
L'institution intègre également de nouveaux modules spécialisés dans ses formations existantes. Une innovation majeure : l'UPPA a été retenue pour expérimenter un agent conversationnel développé par la start-up française Mistral AI, spécifiquement conçu pour répondre aux besoins particuliers des universités et de leurs étudiants.
Cette initiative s'inscrit dans le cadre du supplément de la rédaction « Formation postbac : trouver sa voie près de chez soi », distribué avec les éditions de « Sud Ouest » (à l'exception de celle du Lot-et-Garonne) du mardi 24 février, et disponible sur le kiosque numérique de sudouest.fr.



