Indice de valeur ajoutée des collèges et lycées en Occitanie : les établissements ruraux en tête
Indices de valeur ajoutée : les lycées ruraux d'Occitanie brillent

Indice de valeur ajoutée des collèges et lycées : quels sont les établissements de la région qui font le mieux progresser leurs élèves ?

Au-delà des résultats bruts du bac, les indices de valeur ajoutée analysent comment les élèves sont accompagnés de leur entrée dans l’établissement jusqu’à l’examen. En se basant sur l’origine sociale des élèves et leur niveau en 6e et 3e, ces indices permettent d’évaluer la capacité d’accompagnement des établissements. Dans l’académie de Montpellier, émergent ainsi des lycées situés à l’écart des grandes villes.

Comment évaluer le niveau de performance d’un collège ou d’un lycée ?

Une question que se posent la plupart des familles au moment d’y inscrire leur enfant. Difficile de se fier aux seuls résultats bruts des taux de réussite à l’examen final (brevet ou bac). C’est pour cette raison que la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance de l’éducation nationale (Depp) a créé il y a plus de 30 ans les indices de valeur ajoutée des lycées. Des données disponibles pour les collèges seulement depuis 2023.

Rendre comparables des situations très disparates

"Ces indicateurs prennent en compte les disparités d’origine et de recrutement des élèves d’un établissement à l’autre", explique Magda Tomasini, directrice de la Depp. "Ce n’est ni un classement ni un palmarès mais un outil de pilotage pour le rectorat et des éléments de réflexion pour les équipes pédagogiques afin d’auto-évaluer leur travail."

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Rendre comparables des situations très disparates d’un établissement à l’autre : pour cela, un taux de réussite attendu est calculé pour chaque établissement par rapport à la moyenne des établissements qui lui ressemblent. Le tout en fonction de l’origine sociale de leurs élèves (IPS) et de leur niveau à l’entrée dans l’établissement, grâce aux évaluations de 6e et de seconde. Pour le calcul proprement dit, sont notamment examinés le taux de réussite au bac ou la note moyenne au brevet, le taux de mentions et le pourcentage d’élèves accompagnés de leur entrée dans l’établissement jusqu’à l’examen final.

"L’occasion de mesurer nos points forts et nos points faibles"

Les lycées sont classés en quatre catégories : performants, accompagnateurs, neutres, en deçà des résultats attendus. Pour les collèges, seules les évaluations brutes sont fournies. "Ces indicateurs sont importants pour le suivi de la performance et on les sait très commentés et suivis par le public", reconnaît Florent Martin, proviseur au Lycée Christian Bourquin d’Argelès-sur-Mer et secrétaire académique du Syndicat des chefs d’établissements (SNPDEN). "Ils permettent réellement de mesurer la valeur ajoutée en termes d’accompagnement des élèves sur l’ensemble des parcours de formation. Il convient donc de les lire aussi sur plusieurs années et pas sur un instant T. Il ne faut pas lire ces indices pour classer les établissements mais au contraire pour qu’ils puissent mesurer leurs points forts et leurs points faibles."

Le lycée d’Argelès est ainsi classé neutre en général mais un peu en deçà des attentes pour la section professionnelle. "C’est décevant mais là aussi disparate d’une section à une autre", précise Florent Martin. "Nous avons été plus performants dans la section cuisiniers que dans celle des serveurs par exemple."

Le Vigan, Prades, Lunel… Le rural à l’honneur

Cette méthodologie permet de faire ressortir l’efficacité d’établissements éclipsés en temps normal par ceux qui trustent mentions et 100 % de réussite au bac. Les lycées implantés en milieu rural tirent particulièrement leur épingle du jeu : André Chamson au Vigan, intégré dans une cité scolaire, Charles Renouvier à Prades, Marc Bloch à Sérignan ou encore Louis-Feuillade, à Lunel, très performant en filière générale comme professionnelle.

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Pas une surprise pour Florent Martin : "Dans ces établissements de petite taille, le taux d’encadrement est souvent meilleur que dans les grosses structures plus citadines. En milieu rural, ils subissent aussi souvent moins la concurrence du privé, ce qui offre une meilleure mixité sociale. On observe que l’importance accordée aux études est souvent devenue plus importante loin des grandes villes."

"Une école à deux vitesses où les écarts se creusent"

Ces indices confirment aussi un niveau d’ensemble plus faible dans les collèges, où peu d’établissements parviennent à dépasser, parfois même à atteindre le niveau de performance attendu. "Même ces critères mettent en exergue une école à deux vitesses où les écarts se creusent, en particulier entre public et privé et avec les zones d’éducation prioritaires sur fond d’absence de mixité sociale", déplore Rémy Landri, co-président académique de la FCPE. Il s’interroge aussi sur "la fiabilité" de ces comparaisons entre établissements. "Cela met en avant la difficulté de certains établissements et incite un peu plus à essayer de les contourner, pointe-t-il. D’ailleurs, ce sont généralement les parents les plus aisés qui prennent le temps d’accéder à ces informations. Le reflet d’une éducation où on classe et on sélectionne. Mais en termes de moyens humains, de classe, d’enseignants, on ne nous annonce pas de valeur ajoutée pour la rentrée…"

Au-delà des chiffres, des indices et de leurs interprétations, Florent Martin rappelle enfin cette vérité première : "Quel que soit son établissement, le premier facteur de réussite d’un élève, c’est son envie d’apprendre."