Initiation au gascon et à la vie du XVIIIe siècle pour des collégiens
Durant tout le mois de mars 2026, les élèves de cinquième du collège Jean-Marie-Lonné ont bénéficié d'une immersion unique dans la culture gasconne. L'Amicale laïque, à travers son groupe de langue gasconne, a organisé une série d'ateliers éducatifs pour faire découvrir aux jeunes le patrimoine linguistique et historique de leur région.
Apprentissage des bases de la langue gasconne
Les collégiens ont commencé par se familiariser avec les expressions courantes du gascon. Ils ont appris les salutations traditionnelles comme « adichats » et « adïou », ainsi que la manière de se présenter avec la phrase « you que'm apèri » suivie de leur prénom. Cet enseignement pratique a permis une première approche vivante de cette langue régionale.
Plongée dans le Mont-de-Marsan de 1770
Le thème central de ces séances était la vie quotidienne des villageois de Mont-de-Marsan, appelé localement « lou Moun », vers l'année 1770. Les élèves ont découvert que, à cette époque, les habitants jetaient toutes sortes de déchets dans les rues, créant une insalubrité générale décrite par l'expression « La bile qu'ère tan cascante é pudénte ».
Pour remédier à cette situation et améliorer l'accueil des visiteurs, les autorités ont instauré un « règlemén de police dou Moun en 1770 ». Ce document historique, retrouvé dans les archives par Jean Candau, secrétaire général de 1943 à 1963, a été présenté de manière théâtrale aux collégiens. Un « goarde » accompagné d'un tambour a ainsi fait connaître le contenu de ce règlement, marquant particulièrement les esprits avec le mot souvent répété « déféndut » et des termes comme « la houn, un asou, un chibaou, les mousques caguilhes ».
Réactions des élèves et découvertes culturelles
Interrogés sur leur envie de retourner à cette époque, les collégiens ont massivement répondu par la négative, citant principalement les problèmes d'hygiène et l'absence notable du « fone ». Ils ont également eu l'occasion de découvrir les « mounaques ou espaoubén », des épouvantails préparés pour la Passem, le relais de la langue gasconne prévu le 8 mai 2026.
Chaque atelier s'est conclu par l'apprentissage de la danse locale des pantalons de Labraouste, qui commence par « la cibade que madure ». À travers cette danse traditionnelle, les jeunes Hagetmautiens ont appris à compter jusqu'à trois en gascon : « un, dus, très ». Cette initiative pédagogique, soutenue par les enseignants et les élèves, contribue activement à la préservation et à la transmission de la belle langue gasconne aux générations futures.



