Bac 2026 : ce qu'il faut retenir des annonces du ministre de l'Éducation nationale
Durcissement des consignes sur l'orthographe, lutte renforcée contre la fraude, « âge plancher » pour pouvoir se présenter à l'examen : le ministre de l'Éducation nationale Edouard Geffray a déroulé mardi 19 mai 2026 ses ambitions pour le baccalauréat lors d'une conférence de presse à Arcueil, dans le Val-de-Marne.
Orthographe : des copies mal rédigées ne pourront pas obtenir la moyenne
« Avoir le baccalauréat doit attester d'un certain niveau de maîtrise de la langue », a estimé le ministre. « Toute copie qui n'a pas un niveau suffisant en termes d'orthographe, de syntaxe et de grammaire, ne peut pas avoir la moyenne du baccalauréat », a-t-il insisté. Il a concédé qu'il y avait eu « des consignes variables sur la maîtrise de la langue » ces dernières années. Pour la session 2026, « il y aura des consignes données au niveau national », avec des commissions d'entente nationales et académiques et des commissions d'harmonisation qui s'appliqueront « dans toutes les disciplines ». « On ne raisonne pas en termes de points mécaniques. C'est la qualité globale de la copie globale », a-t-il ajouté.
Aucun repêchage en dessous de 8/20
Le baccalauréat général et technologique commencera le 15 juin avec l'épreuve de philosophie. Les épreuves anticipées en français et mathématiques en classe de première se dérouleront les 11 et 12 juin. Les épreuves du baccalauréat professionnel commencent mercredi 20 mai. S'il devait y avoir une baisse mécanique du taux de réussite au bac, qui avait atteint 91,8 % l'an dernier, « elle ne serait que le reflet de la vérité des niveaux », a souligné le ministre. Edouard Geffray a par ailleurs rappelé qu'aucun repêchage ne serait désormais possible en dessous de 8/20.
Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, majoritaire dans le second degré, a dénoncé une « poudre aux yeux » : « La véritable exigence qu'on doit aux élèves, c'est de leur donner les moyens de progresser en orthographe avant le bac. Mais cela demande des moyens et c'est sans doute plus difficile à obtenir qu'un effet de com' », a-t-elle déclaré à l'AFP.
Lutte contre la fraude : détecteurs de smartphones et annulation d'épreuves
Outre ce durcissement sur l'orthographe, le ministre a également annoncé un renforcement de la lutte contre la fraude, en hausse de 30 % l'an dernier, avec 1 208 cas suspectés sur 1,2 million de candidats. Des détecteurs de smartphones et de montres connectées seront installés aléatoirement dans des centres d'examen. Il est désormais possible d'annuler une épreuve, un groupe d'épreuves ou l'intégralité de la session d'examen pour un élève reconnu coupable de fraude.
Âge plancher pour se présenter au bac
Cette année, 727 327 candidats s'apprêtent à passer leur baccalauréat et 529 876 les épreuves anticipées de français et mathématiques en première. Le plus jeune candidat a « un peu moins de 10 ans », a précisé Edouard Geffray. Une situation que le ministre juge peu « souhaitable » et qui l'a conduit à annoncer vouloir fixer un âge « plancher » pour se présenter à l'examen. Il a demandé à ses « services d'expertiser la possibilité » de le mettre en place. « Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne chose d'inscrire son enfant au baccalauréat à huit ans, neuf ans ou 10 ans. Je ne suis pas sûr que ça lui rende service », a-t-il dit. En 2025, la plus jeune candidate à s'être présentée aux épreuves n'avait que huit ans.



