« J’ai tout prévu, pas de problème, enfin j’espère », lance Fabien, un trentenaire strasbourgeois en partance pour Marseille au volant d’une Peugeot 408 électrique achetée récemment d’occasion. « Les stations, les heures de pointe, j’ai tout calculé, maintenant, il n’y a plus qu’à. » Comme lui, de nombreux Français ont décidé de tenter « l’aventure de l’électrique » sur un grand trajet en ce premier jour de grand départ en vacances.
Un Français sur deux prêt à passer à l’électrique pour les vacances
Partir en électrique ? Cela serait même estimé comme possible pour deux Français sur trois, selon une enquête réalisée par l’institut d’études YouGov pour Alphabet France. Soit une augmentation de près de 20 % par rapport à l’année dernière. Parmi eux, 19 % considèrent même que c’est possible « sans problème », et 48 % pensent que c’est possible « mais avec des contraintes ».
Un changement de perception qui accompagne certainement l’essor du réseau de recharge et l’augmentation du nombre de véhicules électriques en circulation et qui légitiment ce mode de transport sur la route des vacances. Le temps où un trajet de plusieurs centaines de kilomètres pouvait faire peur semble progressivement s’éloigner.
Des bornes de recharge de plus en plus sollicitées
Vincent, 39 ans, père de famille breton, a déjà traversé la France ces trois dernières années avec enfants à bord et coffre de toit dans sa Renault Mégane électrique. Pour lui également, le succès tient à une bonne préparation en amont. « C’est comme avec une voiture thermique sauf que là on va compter précisément les arrêts recharge pour le trajet, mais il y a de nombreuses applications pour localiser les bornes, les recharges rapides notamment, et qui permettent de voir en direct si une borne est disponible ou pas, si une voiture est déjà dessus. »
Pour autant, les grands départs estivaux imposent encore d’autres précautions, notamment sur les axes les plus fréquentés. En France, le réseau autoroutier est désormais entièrement équipé de stations de recharge rapide, avec au moins une station tous les 50 kilomètres sur les autoroutes. De quoi, selon le ministère des Transports, renforcer la confiance des automobilistes dans leur capacité à effectuer de longs trajets. Mais quand même, si voyager en voiture électrique n’est en effet plus un pari, l’organisation du voyage reste la clé d’autant plus que les bornes sont très sollicitées pendant l’été. Une fréquentation de plus 71 % durant l’été 2025 par rapport à l’été précédent, selon le ministère et Avere France.
Les bornes situées sur les grands corridors de vacances enregistraient près de 200 sessions de recharge par mois et par point de charge pendant les mois de juillet et août. Et cela ne devrait pas s’arranger cet été avec l’augmentation du parc roulant de véhicules électriques estimé désormais à près de 2 millions de voitures, ce qui représente en ce début d’été plus d’une vente de voiture sur quatre. Alors mieux vaut être prudent pour éviter la panne sèche.
Éviter de recharger entre midi et 15 heures
Sans publier un classement officiel, les opérateurs constatent que les plus fortes tensions apparaissent sur les grands itinéraires estivaux, à savoir bien évidemment la vallée du Rhône vers la Méditerranée sur l'A6/A7. Autres tensions possibles, l’autoroute A10 entre Paris et Bordeaux, sur l'A63 en direction de la côte Atlantique et de l’Espagne, sur l'A9 vers le Languedoc-Roussillon et certains axes reliant l’Île-de-France à la Bretagne et à la Normandie. Les aires de Beaune, d’Orange, de Montélimar ou encore celles situées sur l'A10 figurent régulièrement parmi les plus sollicitées lors des week-ends classés noirs par Bison futé. Les temps d’attente peuvent alors atteindre plusieurs dizaines de minutes aux heures de pointe, même si ces situations restent concentrées sur quelques journées de l’année.
Peu importe, pas de quoi impressionner Vincent, le père de famille Breton. « Cela nous est rarement arrivé de devoir faire la queue aux bornes, même au mois d’août, certainement parce que l’on cible les stations où il y a au moins une vingtaine de bornes de recharge. Mais c’est vrai aussi qu’on essaye de s’arrêter vers les 11 heures plutôt que vers midi, car tout le monde s’arrête pour manger et en profite pour brancher leur voiture. » Ce que corrobore Vinci Autoroutes : mieux vaut éviter, lorsque c’est possible, les pauses entre midi et 15 heures, surtout comme lors des grands départs.
Charge mentale alourdie pour le conducteur
Cette gestion de la recharge devient une charge mentale supplémentaire pour le conducteur, reconnaît Vincent. « Il y a la préparation bien sûr, qui demande plus qu’avec un moteur thermique, et pendant la route, il faut veiller à sa vitesse, si l’on est chargé, si l’on met la clim ou pas. Cela fluctue un peu plus que sur une voiture thermique », souligne le père de famille breton. Et puis il peut y avoir des imprévus. « On a eu parfois un chargeur qui était en panne. Une autre fois, il y avait un orage qui est tombé à côté de la station et qui a déconnecté tous ses réseaux électriques, il a fallu trouver une option B, mais avec les applications, on a vite trouvé une station à proximité. »
Parmi les autres bons plans qu’il distille, également conseillés par les spécialistes : mieux vaut recharger lorsque la batterie atteint entre 10 et 20 %, plutôt que d’attendre la dernière minute, mais aussi de ne pas aller au-delà de la recharge à environ 80 % sur les bornes rapides, la vitesse de charge diminuant fortement au-delà. Logique encore, mais pas toujours possible, ne pas oublier de prévoir une solution de recharge alternative à quelques kilomètres de l’autoroute en cas d’affluence exceptionnelle. Les experts rappellent également que plusieurs réseaux (Ionity, Fastned, TotalEnergies, Electra ou Tesla, selon la compatibilité du véhicule) permettent aujourd’hui de multiplier les options de recharge.
Des « gilets bleus » pour vous aider
« C’est vrai qu’avec l’électrique, le voyage est un peu plus long, mais il faut voir les choses différemment, on est en vacances », rappelle Vincent. Les arrêts recharge correspondent souvent aux recommandations de la Sécurité routière, note-t-il. Une recharge rapide dure généralement entre 20 et 30 minutes selon la voiture et le chargeur utilisé, soit un temps proche de celui recommandé pour effectuer une pause toutes les deux heures de conduite.
Enfin, si l’angoisse de la « panne sèche » vous travaille, sachez qu’en cette période de grand départ estival, des « gilets bleus » peuvent vous assister, avance Vinci Autoroutes en partenariat avec la Fédération française des associations d’utilisateurs de véhicules électriques (FFAUVE). Ces « voituriers électriques » présents sur de nombreuses aires orientent vers une borne disponible pour fluidifier les recharges et apporter des conseils personnalisés.



