Éric Ciotti justifie la prison sur le foyer des chibanis à Nice
Ciotti défend la prison sur le site des chibanis à Nice

Publicité : « Le seul terrain à répondre au cahier des charges » : Éric Ciotti explique sa volonté d’implanter la nouvelle maison d’arrêt de Nice sur le foyer des chibanis

En visite sur le site de la résidence Nicéa, le foyer des chibanis, le maire (UDR, allié au RN) de Nice défend une emprise « idéale » pour bâtir la future prison. Et annonce la venue de Gérald Darmanin début juillet.

« On a une maison d’arrêt qui se trouve dans une situation d’indignité totale avec un taux d’occupation de 220 % », a déclaré Éric Ciotti, le maire de Nice. Ce dernier s’est rendu ce mercredi 27 mai 2026 au foyer Adoma. C’est sur cette emprise coincée entre l’autoroute A8 et la « 202 » que le maire UDR de Nice a proposé au ministre de la Justice, Gérald Darmanin, la construction de la nouvelle maison d’arrêt de Nice. 54 000 m², soit le double de l’établissement actuel. Des centaines de chibanis vivent toujours au sein de l’ex-foyer Sonacotra, la résidence sociale Nicéa.

Le projet d’hôpital abandonné

« Leur déplacement était déjà prévu depuis des mois, notamment par les services de l’État, a rectifié Éric Ciotti. La mission d’œuvre sociale y travaille. Les logements actuels sont vétustes, insalubres, isolés, il n’y a plus de commerce. Ils sont dans des situations précaires et souvent indignes. Donc il est prévu que ce site soit demain relocalisé sur trois implantations. » Son prédécesseur Christian Estrosi avait prévu, en 2023, la construction d’un méga-hôpital en lieu et place de la résidence des chibanis, leur déplacement avait alors été engagé. Projet aujourd’hui abandonné. « C’était totalement irréaliste. Aujourd’hui, l’hôpital Pasteur 2 n’est toujours pas terminé, […] le CHU de Nice a 500 millions d’euros de dettes. Construire un hôpital ici, c’est un milliard d’euros. On nous avait annoncé trois partenaires, mais la fondation Lenval y est opposée, le centre de lutte contre le cancer Antoine-Lacassagne n’y est pas favorable. Ce grand hôpital n’a existé que dans l’esprit de mon prédécesseur. Comme beaucoup, c’était un effet d’annonce, un coup d’épée dans l’eau, sans financement », a expliqué le nouveau maire de Nice. Qui insiste sur l’urgence d’une nouvelle prison pour désengorger l’actuelle, en surchauffe.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

« Un taux d’occupation de 220 % »

« Depuis 20 ans, mon prédécesseur a tout fait pour qu’il n’y ait pas de prison à Nice. Aujourd’hui, on a une maison d’arrêt qui se trouve dans une situation d’indignité totale avec un taux d’occupation de 220 %. C’est une problématique humaine, mais c’est aussi une problématique sécuritaire parce que le défaut de places de prison à Nice et de places de prison décentes fragilise la chaîne pénale », a-t-il argumenté. « J’avais souhaité que, demain, la ville de Nice bénéficie d’une nouvelle maison d’arrêt, d’un centre de rétention pour expulser les étrangers en situation irrégulière et d’un centre de placement pour les mineurs délinquants. Hier, j’ai abordé ces sujets avec le garde des Sceaux Gérald Darmanin », a ajouté Éric Ciotti.

Un choix justifié

Et l’emprise de la résidence sociale Nicéa est idéale, selon lui. « C’est un endroit qui se libère, c’est un endroit qui appartient intégralement à la ville de Nice, qui répond globalement au cahier des charges du ministère de la Justice, d’être à moins de 30 minutes du tribunal judiciaire, qui n’a pas de voisinage immédiat », justifie-t-il. D’ailleurs, il en a discuté avec le préfet des Alpes-Maritimes il y a une quinzaine de jours : « Il me dit que les premières approches confirment que ce projet, ce lieu, est un des seuls, c’est le seul aujourd’hui, à répondre au cahier des charges du ministère de la Justice. » Et d’annoncer que le garde des Sceaux viendra d’ici juillet pour se rendre compte lui-même de la possibilité de ce site.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Pour le relogement des chibanis, Éric Ciotti confirme que « des sites sont identifiés, un à l’ouest de Nice, deux autres plutôt vers l’est. On le définira quand les études de faisabilité auront été faites ». Il promet : « Au foyer Adoma, il y a des travailleurs immigrés qui sont âgés, qui ont travaillé pour la France, qu’on appelle les chibanis, ils méritent le respect, et naturellement, ils seront traités dans ce cadre avec beaucoup de respect. »

« La France manque cruellement de places de prison »

Le sujet de la politique carcérale tient particulièrement à cœur au chef de file de l’UDR (parti allié RN). « On a une société de plus en plus violente, on a l’explosion du trafic de drogue, on a des quartiers femmes qui sont aujourd’hui totalement remplis, notamment du fait du trafic de stupéfiants, ce qui est nouveau dans la population carcérale, donc il y a un sujet majeur qui est un sujet national. La France manque cruellement de places de prison pour que les peines soient exécutées et que les quantums de peines soient aussi rallongés, notamment pour écarter de la société les trafiquants de drogue. » Un véritable enjeu dans le département : « Premier point, la prison de Grasse sera étendue. Deuxième point, et ça m’a été confirmé par Gérald Darmanin hier, je souhaite, dans l’attente de la création de ce nouvel établissement, une réhabilitation de la maison d’arrêt de Nice pour l’humaniser ». « On ne peut pas laisser la maison d’arrêt aujourd’hui, actuelle, sans cuisine puisqu’elle a brûlé, avec des douches qui sont de couleur verte liée à la moisissure », lance-t-il.

Et le centre de rétention administrative ?

La nouvelle prison pourrait ouvrir d’ici 5 à 7 ans. Quid de l’ancienne ? « Elle aura vocation à avoir une autre destination sur laquelle on va réfléchir », répond Éric Ciotti. Qui a décidé aussi de s’occuper du CRA, le centre de rétention administrative. « Je pense qu’aujourd’hui, il est très mal placé à Auvare. Donc, il faut trouver un lieu. C’est une priorité. J’en reparlerai au ministre de l’Intérieur, que j’accueillerai demain à la mairie à 13 heures. 35 places à Auvare, c’est ridicule, pour un département frontalier, avec la pression migratoire qu’il y a », a conclu Éric Ciotti.