Karine Le Marchand se confie sur son expérience du racisme avant la diffusion de son documentaire
L'animatrice préférée des Français, Karine Le Marchand, se livre avec franchise sur son parcours personnel et son nouveau documentaire intitulé "Les nouveaux Français, 100 ans d'immigration". Ce programme sera diffusé lundi 9 février à 21h10 sur M6, offrant une plongée historique dans l'immigration en France à travers des archives inédites et de nombreux témoignages.
Une histoire personnelle marquée par le racisme
Karine Le Marchand révèle avoir été confrontée au racisme dès son plus jeune âge. "Je me suis fait traiter de sale négresse plusieurs fois", confie-t-elle. La première occurrence remonte à ses 3 ou 4 ans, en maternelle, où un petit garçon l'a traitée de "sale chinoise". Sa réaction immédiate a été de se défendre physiquement, griffant le visage de l'enfant.
L'animatrice souligne l'importance de la réaction de la directrice de l'école à cette époque. "Cette directrice nous a inculqué que j'avais raison de me défendre si on m'attaquait pour ma couleur de peau. Je pense que ça a été fondateur", explique-t-elle. Son père, originaire du Burundi et arrivé en France dans les années 60 pour ses études, a également été confronté au racisme.
Un documentaire pour démystifier l'immigration
Le documentaire de Karine Le Marchand retrace un siècle d'immigration en France, mettant en lumière les parcours d'individus venus d'Italie, de Grèce, de Syrie, du Portugal, du Congo, du Maroc, de Guinée, du Cambodge et du Cameroun. "Ils sont venus en France pour fuir la pauvreté, un régime politique dangereux, pour faire des études, parce que la France les faisait rêver, ou tout simplement par amour", précise la chaîne M6.
L'animatrice explique sa motivation : "On parle beaucoup plus souvent de ce qui est problématique que de ce qui est réussi. Or un Français sur trois est issu de l'immigration". Elle souhaite montrer que la majorité des personnes issues de l'immigration sont intégrées et se considèrent françaises sans oublier leurs origines.
Une identité multiple et évolutive
Karine Le Marchand revendique une identité complexe et mouvante. "Moi, je ne suis ni noire ni blanche, je suis aussi une femme de 57 ans, je suis une maman, je suis née dans l'Est, je me définis par plein de choses, pas par une catégorie que je mets en exergue", déclare-t-elle. Elle critique le phénomène de repli identitaire qu'elle observe chez certaines jeunes générations nées en France.
Curieuse de ses origines, elle a réalisé un test ADN qui a révélé une diversité surprenante : "J'ai du sang d'Amérique du Sud, d'Allemagne, de Suisse, des pays du Nord. J'ai aussi des origines du Maghreb, d'Afrique noire. J'ai du sang juif, catholique, sans doute musulman aussi".
Des parcours inspirants et des tabous persistants
Le documentaire présente plusieurs destins remarquables, dont celui de Mohed Altrad, fondateur d'un empire entrepreneurial à Montpellier. "Je suis très admirative : cet homme a réussi à retourner le destin", commente Karine Le Marchand. Le programme rend également hommage à Bun Hay Mean, décédé depuis, dont le témoignage montre comment des frères peuvent intégrer différemment l'histoire familiale de l'immigration.
L'animatrice reconnaît que certaines personnalités ont refusé de participer au documentaire, par crainte d'être étiquetées ou par pudeur familiale. "Tout le monde n'est pas forcément à l'aise avec ça et prêt à dire sa vérité", observe-t-elle.
Les défis contemporains de l'immigration
Le documentaire aborde également la question des migrations climatiques, un enjeu majeur pour les décennies à venir. "Des régions entières du monde ne seront plus viables dans cinquante ans", alerte Karine Le Marchand, évoquant les conséquences du réchauffement climatique sur les mouvements de population.
Face à la montée des extrêmes et aux peurs sociales, l'animatrice appelle à préserver la fraternité française. "Quand on voit le nombre d'associations qui aident les migrants, tout ce qui existe en France pour accueillir les gens, ces bras ouverts, cette fraternité font partie de son ADN", affirme-t-elle, tout en reconnaissant que "les Français ne sont pas forcément prêts à accueillir tout le monde, quel que soit le nombre et quoi qu'il en coûte".
Un tournant professionnel et des engagements persistants
Après cette série de documentaires sur des sujets de société, Karine Le Marchand annonce un virage professionnel. "J'ai créé un club de célibataires, le Club des belles âmes", révèle-t-elle, tout en poursuivant son rôle d'animatrice, notamment pour la prochaine saison de "L'Amour est dans le pré".
Elle reste parallèlement engagée pour le monde agricole, actuellement en crise. "Je les soutiens", souligne-t-elle, rappelant son attachement à cette cause qui lui tient particulièrement à cœur.