Le SCAF face à l'impasse : les tensions franco-allemandes s'exacerbent
Une maquette à taille réelle du Système de combat aérien futur (SCAF), également connu sous le nom de Future Combat Air System (FCAS), était exposée sur le stand de Dassault Aviation lors du Salon international de l'aéronautique et de l'espace de Paris, à l'aéroport du Bourget, près de Paris, le 17 juin 2019. Cette présentation symbolisait les ambitions initiales d'un projet lancé en 2017, mais aujourd'hui, la question cruciale est de savoir comment sortir par le haut de ce programme d'avion de combat franco-germano-espagnol, alors que les signes d'un probable échec s'accumulent.
Des alternatives émergent dans le vide laissé par Paris et Berlin
Depuis plusieurs semaines, des solutions alternatives se sont glissées dans le vide laissé par Paris et Berlin, incapables de résoudre le conflit entre les deux avionneurs impliqués. Dassault Aviation représente la France, tandis qu'Airbus incarne les intérêts de l'Allemagne et de l'Espagne. Cette impasse a ouvert la porte à d'autres possibilités stratégiques.
De l'autre côté du Rhin, des rapprochements avec le constructeur suédois Saab, ainsi qu'avec le projet britannico-italiano-japonais GCAP (Global Combat Aircraft Programme), ont été évoqués. Ces discussions reflètent une recherche active de partenariats alternatifs face aux blocages persistants.
Une troisième voie soutenue par les industriels allemands
Lundi 9 février, une troisième voie a reçu de sérieux appuis : celle d'une solution à deux avions, défendue par le BDLI, le lobby allemand de l'industrie aérospatiale, et le syndicat IG Metall. Dans leur tribune, publiée dans le quotidien Handelsblatt daté du 9 février, les deux organisations abandonnent toute précaution diplomatique pour décrire l'évolution du partenariat franco-allemand.
« Depuis près d'un an, le groupe français Dassault revendique de facto la maîtrise exclusive du projet. Cette attitude intransigeante ne peut plus être considérée comme une revendication de leadership entre partenaires égaux. C'est une invitation à renoncer à notre indépendance industrielle », cinglent les directeurs du BDLI et d'IG Metall. Ce ton direct, dans une déclaration officielle, est inédit dans un dossier aussi délicat politiquement et reflète combien la confiance entre les deux industriels s'est dégradée.
Les conséquences d'une rupture potentielle
La détérioration des relations entre Dassault Aviation et Airbus menace non seulement l'avenir du SCAF, mais aussi la coopération aéronautique européenne dans son ensemble. Les enjeux sont considérables, tant sur le plan industriel que stratégique, avec des implications pour la souveraineté et la défense des pays impliqués.
Alors que les négociations piétinent, la pression monte pour trouver une issue viable, que ce soit par une réconciliation, une restructuration du projet, ou un pivot vers de nouveaux partenaires internationaux. L'incertitude plane sur l'avenir de ce programme phare, autrefois symbole d'une Europe de la défense unie.