1945 : l'année des grandes conférences
En septembre 1939, l'invasion de la Pologne par l'Allemagne nazie plonge la planète dans le conflit le plus meurtrier de l'histoire. Pendant plus de cinq ans, la Seconde Guerre mondiale dévaste l'Europe et le Pacifique, opposant les forces de l'Axe aux puissances alliées. À l'aube de l'année 1945, le rapport de force a toutefois basculé. L'étau se resserre sur le Troisième Reich : l'Armée rouge se dirige vers Berlin depuis l'Est, tandis que les troupes américaines, britanniques et françaises libèrent les territoires à l'Ouest. Si la capitulation de l'Allemagne hitlérienne n'est plus qu'une question de mois, le conflit fait toujours rage en Asie où l'Empire du Japon refuse de céder.
Alors que l'Europe n'est qu'un vaste champ de ruines, le défi des futurs vainqueurs est colossal. Il s'agit d'organiser la paix, de sceller le sort des nations vaincues et de bâtir un nouvel ordre mondial. C'est face à cette urgence que les dirigeants des trois plus grandes puissances décident de se réunir en secret.
Yalta : le huis clos des vainqueurs
Du 4 au 11 février 1945, les « Trois Grands » ouvrent le débat. La conférence de Yalta, en Crimée, est organisée, réunissant les trois grands chefs alliés : Joseph Staline (URSS), Franklin D. Roosevelt (États-Unis), affaibli par sa maladie, et Winston Churchill (Royaume-Uni). Cette réunion constitue une étape cruciale de négociations entre les vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale.
Des accords ressortent des discussions, tels que la division du territoire allemand en quatre zones occupées ainsi que les modalités de la capitulation. Le journal « Sud Ouest » souligne que « le problème allemand figure en tête de l'ordre du jour ». On retrouve également l'engagement de l'URSS à entrer en guerre contre le Japon dans les trois mois après la défaite allemande, ainsi que l'organisation en avril de la conférence de San Francisco, qui débouchera sur la création de l'Organisation des Nations Unies (ONU). La conférence se déroule « dans le plus grand mystère » où on assiste à une domination de Staline, personnage impartial, en partie justifiée par un Roosevelt mourant : c'est d'ailleurs Staline lui-même qui a déterminé le lieu de la conférence.
6 février 1945 : la France mise à l'écart
Il semble néanmoins qu'un autre acteur majeur de la Seconde Guerre mondiale manque à l'appel : le général Charles de Gaulle, qui voit la Conférence comme une humiliation supplémentaire après quatre années d'occupation. Le 6 février, le journal affiche : « le général de Gaulle trace le plan de guerre et de paix de la France » et réclame « la présence de la France d'un bout à l'autre du Rhin ». La raison de cette mise à l'écart concerne Roosevelt et Staline, qui se méfiaient du général et de sa politique rejetant à la fois le communisme et le capitalisme.
Cependant, la France ressort gagnante grâce aux négociations de Churchill, favorable à un équilibre européen et cherchant à éviter une hégémonie soviétique. La France obtient alors une zone d'occupation en Allemagne et, plus tard, un siège au Conseil de l'ONU. Le 13 février, le dénouement tombe : « la France sera invitée à jouer son rôle dans cette tâche » aux côtés de la Grande-Bretagne, de la Russie et des États-Unis, confirmant ainsi le retour du pays dans le cercle des grandes puissances.
8 mai 1945 : l'Allemagne capitule
Les « Trois Grands » préparent une nouvelle rencontre, cette fois-ci à Potsdam, en Allemagne, dont le nom de code est « Terminal », dans le but de préparer l'après-guerre.
Potsdam : l'heure est aux décisions
Du 17 juillet au 2 août 1945, dans un contexte où la Seconde Guerre mondiale touche à sa fin, les « Trois Grands » se réunissent à Potsdam. Durant les discussions, c'est le sort de l'Allemagne qui est en jeu : le pays est définitivement divisé en quatre zones. L'industrie allemande est démantelée, un processus de dénazification est mis en place, ainsi que l'abrogation des lois raciales de Nuremberg de 1935.
Du côté de l'URSS, Staline, en position de force, déterminé à mettre en place un gouvernement pro-soviétique en Pologne, souhaitait utiliser le territoire polonais pour se protéger de possibles futures attaques occidentales. Mais le 2 août, il fut décidé à Potsdam qu'un « Conseil des ministres des affaires étrangères siégera en permanence à Londres ».
26 juillet 1945 : un ultimatum lancé contre le Japon
Durant la Déclaration de Potsdam, un ultimatum est lancé, exigeant du Japon de capituler, sans quoi il serait détruit. L'empereur Hirohito refuse, et le 6 et 9 août 1945, l'armée américaine largue deux bombes atomiques sur les villes d'Hiroshima (le 6) et de Nagasaki (le 9). « Sud Ouest » annonce : « La première bombe atomique est lancée sur le territoire japonais », dont la puissance « égale 20 000 tonnes de dynamite ». Le 10 août, le journal confirme la seconde frappe : « La deuxième bombe atomique a été lancée sur Nagasaki. » Ces attaques ont été perpétrées dans le but de précipiter la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Le Japon est poussé à accepter la défaite et « Sud Ouest » proclame la fin du conflit le 16 août : « Le Japon a déposé les armes », menant à la signature officielle de sa capitulation un mois plus tard, le 2 septembre.



