Sarah Knafo et le Passe Navigo à 52 euros : une méconnaissance qui fait polémique
Sarah Knafo et le Passe Navigo à 52 euros : polémique

Sarah Knafo et le Passe Navigo à 52 euros : une méconnaissance qui fait polémique

Après Jean-François Copé et son pain au chocolat à dix centimes, ou Bruno Le Maire et la taille d'un hectare, voici Sarah Knafo et le Passe Navigo à 52 euros. Invitée sur BFMTV le dimanche 8 février, la candidate Reconquête à la mairie de Paris a été interrogée sur l'un des enjeux majeurs des Franciliens : le prix du passe Navigo, qui permet de circuler dans les transports en commun de Paris et sa proche banlieue.

« Si je vous demande le prix du passe Navigo mensuel à Paris ? », a questionné le journaliste. « Annuel ? 52 [euros] », a répondu Sarah Knafo. Mensuel ou annuel, ce chiffre reste très loin de la réalité. En effet, depuis janvier 2026, le passe coûte 90,80 euros par mois pour accéder à toutes les zones, de Paris à la Grande couronne.

Une erreur qui en dit long

La dernière fois que le passe a coûté 52 euros pour les cinq zones n'a jamais existé. Au mieux, il était possible d'accéder aux zones 1 et 2 pour 52,50 euros en juillet 2006, soit il y a près de vingt ans. À l'année, le passe Navigo dépasse largement le millier d'euros, bien au-delà des 52 euros avancés par la candidate.

Quelques heures plus tard, Sarah Knafo a tenté de rectifier le tir en évoquant un « gros lapsus » dans une vidéo sur les réseaux sociaux : « Évidemment que 50 euros, c'est mensuel, et c'est pour les salariés dont l'employeur rembourse la moitié du passe », a-t-elle précisé. Là encore, erreur : la prise en charge obligatoire par l'employeur est fixée à 50 %, ce qui équivaut aujourd'hui à un remboursement de 45,40 euros. La candidate a admis qu'elle « aurait pu penser à ceux qui ne sont pas salariés et qui n'ont pas cette chance ».

Méconnaissance du PSG et réactions politiques

Ce n'est pas le seul sujet sur lequel l'eurodéputée a été mise en difficulté. Crime de lèse-majesté : Sarah Knafo a séché sur l'équipe de football phare de la capitale, le Paris-Saint-Germain. Le journaliste l'a invitée à donner le nom de trois joueurs de l'équipe de Luis Enrique. Malgré des exemples comme Ousmane Dembélé, Désiré Doué ou Bradley Barcola, elle n'a pas été capable d'en citer un seul, ni même de mentionner le nombre de Ligue des champions remportées par le club.

Elle s'en est sortie avec une pirouette, déclarant : « Je vais ce soir au Clasico, je serai au Parc des princes dans une heure. » Sur place, le PSG a remporté le match 5-0 face à l'Olympique de Marseille, lui permettant de se présenter en « footix heureuse de voir l'équipe de la ville au sommet de son art ! », comme elle l'a partagé sur les réseaux sociaux.

Ce manque de connaissance a été une aubaine pour ses adversaires aux municipales. Pierre-Yves Bournazel, tête de liste Horizons-Renaissance, a déploré : « Derrière les slogans et l'ultra-com, la méconnaissance du quotidien des Parisiens. On ne s'improvise pas maire de Paris ! » Ian Brossat, communiste et soutien d'Emmanuel Grégoire, a ironisé : « Il faut l'écouter pour le croire ! », pointant « l'étendue de (sa) déconnexion ». Jean-Philippe Tanguy, soutien de Thierry Mariani, a estimé qu'elle était « disqualifiante pour une candidate à la mairie de Paris ». Paul Vannier l'a qualifiée de « bourgeoise d'extrême droite ».

Un ralliement surprise dans la tourmente

Dans ce week-end difficile, Sarah Knafo a au moins une bonne nouvelle : le ralliement d'Aurélie Assouline, adjointe LR du 17e arrondissement de Paris. « Je suis élue Les Républicains – et je reste fidèle à ma famille politique – mais mon parti a fait le choix d'investir une candidate qui appartient au gouvernement d'Emmanuel Macron », a-t-elle déclaré dans Le JDD.

Elle estime que « le projet de Sarah Knafo […] est le seul à assumer pleinement une ambition de droite pour Paris ». Une excellente nouvelle pour la candidate, qui promet de « tendre la main » à la droite en cas de victoire au premier tour. Pour l'heure, les sondages la créditent de 10 % d'intention de vote, assez pour se maintenir au premier tour et peser sur un scrutin qui s'annonce serré.