Emmanuel Macron s'apprête à nommer l'actuelle ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, à la présidence de la Cour des comptes. Cette information, révélée par une source au sein de l'exécutif et confirmant un article du Figaro, marque un tournant significatif dans la carrière de cette macroniste historique.
Une nomination attendue pour mercredi
La nomination officielle d'Amélie de Montchalin devrait intervenir ce mercredi lors d'un Conseil des ministres. Âgée de 40 ans, la ministre sort tout juste d'un marathon parlementaire intense dédié à l'adoption du budget pour 2026. Elle va ainsi succéder à l'ancien ministre socialiste Pierre Moscovici, qui dirigeait cette institution depuis plusieurs années.
Cette nomination représente une première historique, faisant d'Amélie de Montchalin la première femme à accéder à la présidence de la Cour des comptes depuis sa création il y a plus de deux siècles. Son départ du gouvernement intervient dans un contexte de remaniement ministériel limité, attendu dans les prochains jours avant les élections municipales.
Un défi budgétaire colossal
Amélie de Montchalin prendra les rênes de la Cour des comptes à un moment particulièrement crucial pour les finances publiques françaises. La France peine en effet à redresser la barre après plusieurs années de dérapage budgétaire, dans un contexte politique extrêmement instable qui complique l'adoption du budget national.
Le déficit public doit être ramené à 5% du PIB en 2026, après 5,4% en 2025. Un objectif que de nombreux observateurs et parlementaires jugent très ambitieux, compte tenu du contenu du projet de loi de finances actuellement examiné par le Conseil constitutionnel.
Une nomination présidentielle exclusive
Contrairement à d'autres nominations importantes, celle d'Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des comptes relève exclusivement de la décision du chef de l'État. Elle ne nécessitera donc pas d'approbation préalable par les commissions des Finances du Parlement.
Son mandat sera irrévocable et seulement limité par une clause d'âge théorique fixée à 68 ans. Cette stabilité institutionnelle contraste avec l'instabilité politique actuelle, offrant à la nouvelle présidente un cadre solide pour exercer ses fonctions.
Le départ d'Amélie de Montchalin du gouvernement créera par ailleurs un poste-clé à pourvoir dans l'équipe de Sébastien Lecornu, rendant le remaniement ministériel annoncé « un peu plus conséquent qu'attendu » selon les observateurs politiques.