Léon XIV : un an de pontificat entre continuité et prudence
Léon XIV : un an de pontificat entre continuité et prudence

C’est l’un des meilleurs connaisseurs des arcanes du Vatican. Longtemps journaliste à La Repubblica, Marco Politi a suivi tous les pontificats depuis Jean-Paul II. Pour Le Point, il analyse les premiers pas de Léon XIV.

Un bilan contrasté

La chose la plus importante est qu’au moment de l’élection, la droite extrême du collège des cardinaux a subi une défaite. Ces forces voulaient remettre en question les thèmes abordés par François : sexualité, place des femmes, homosexuels, islam ou synodalité. Cependant, il n’y avait pas de candidat charismatique pour porter ce projet de rupture. Léon XIV a été élu grâce à son profil de « bergoglien modéré ». C’est un homme d’une grande culture, très intellectuel, qui veut poursuivre la voie de François en mettant l’accent sur davantage de concertation et de travail d’équipe.

Un style prudent et réservé

C’est le style d’une personnalité qui veut raccommoder le manteau déchiré de l’Église. Léon XIV est un diplomate qui cherche à surmonter les déchirements et la polarisation. Il reconnaît les diversités au sein de l’Église, mais veut que tout le monde marche ensemble.

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L’approche des traditionalistes

C’est un sujet crucial, particulièrement pour la France. Léon XIV a essayé de rouvrir le dialogue avec les lefebvristes. Le Vatican ne veut pas d’un nouveau schisme. Il cherche l’apaisement : il a permis au cardinal Burke de célébrer une messe latine à Saint-Pierre, et a envoyé le cardinal Sarah en France comme légat apostolique. Il évite les gestes brusques de François.

Les thèmes majeurs du pontificat

Le premier thème est le travail en équipe. Léon XIV utilise mieux les rouages de la Curie, notamment le secrétaire d’État Parolin pour la politique étrangère. Il s’appuie sur la voix des évêques locaux. Sur la scène internationale, il poursuit le projet de synodalité de François, avec trois piliers : généraliser les systèmes de conseil, donner des postes d’autorité aux femmes, et ancrer une culture de « accountability ».

Une voix audible dans le monde actuel ?

Dans les premiers mois, beaucoup de fidèles disaient apprécier Léon XIV tout en remarquant qu’on ne le « sent » pas. Mais avec la guerre en Iran, il a eu des mots forts le dimanche des Rameaux, déclarant inacceptables les menaces de Trump d’anéantir l’Iran, et condamnant les « tyrans qui ravagent le monde ». L’opinion internationale a alors compris le pape. Cependant, ses formules sont souvent noyées dans des discours denses.

Un pape qui pourrait réserver des surprises

Un membre de la Curie dit que Léon XIV a « plus en réserve dans son magasin que dans sa vitrine ». Par exemple, sur l’ordination des femmes, il dit ne pas compter changer l’enseignement de l’Église « pour le moment », laissant la porte ouverte. Sur la politique étrangère, il s’est aligné plus clairement sur les positions occidentales concernant l’Ukraine, et maintient la solution à deux États pour Israël, avec une diplomatie plus feutrée que François.

Des nominations stratégiques

Pour réorganiser l’Église, il a nommé des canonistes à des postes clés. Le droit et l’ordre juridique sont essentiels pour stabiliser l’institution. Dans un monde de chaos, l’Église se positionne comme une voix d’humanité et de fraternité.

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