L'Arcom, le régulateur de l'audiovisuel et du numérique, a plaidé mardi pour une augmentation de ses moyens face à des missions très vastes, qui vont de la lutte contre le piratage à la protection des mineurs en ligne en passant par le respect du pluralisme dans les médias. « Notre budget actuel, en tout cas nos moyens, ne sont pas suffisants pour répondre à la hauteur de ce que nous percevons des attentes aussi bien du Parlement que des citoyens », a déclaré le président de l'Arcom, Martin Ajdari, lors de la présentation du « projet stratégique » de cette autorité publique indépendante pour la période 2026-2028.
Un budget jugé insuffisant
Le budget de l'Arcom s'élève à quelque 50 millions d'euros, avec, côté effectifs, un plafond de 378 équivalents temps plein pour 2026. « Nous avons besoin d'une trentaine d'emplois nécessaires sur la durée de ce projet stratégique pour être capables d'accueillir de manière satisfaisante de nouvelles missions qui nous sont confiées », a précisé Martin Ajdari. « C'est une discussion que nous devons avoir avec le Parlement et avec le ministère des Finances dans les prochains mois », a-t-il conclu, en soulignant que « l'archipel » des missions de l'autorité était « de plus en plus riche ».
Des missions en constante évolution
L'Arcom est née en 2022 de la fusion du CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel) et de la Hadopi (Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet). Dans son « projet stratégique » pour 2026-2028, l'autorité a défini douze objectifs prioritaires. Parmi eux, le renforcement de la protection des mineurs en ligne (avec notamment le contrôle d'âge sur les sites pornographiques), les obligations de pluralisme et d'honnêteté dans les médias audiovisuels ou encore la lutte contre le piratage des contenus.
Des dossiers lourds à venir
De gros dossiers se profilent dans les mois à venir, avec l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans voulue par Emmanuel Macron et espérée pour septembre, et l'élection présidentielle de 2027. Pour cette échéance, l'Arcom sera chargée avec d'autres instances de surveiller les tentatives d'ingérence et de désinformation, notamment liées à l'intelligence artificielle (IA). Les « redéploiements internes » ne « suffiront pas », a prévenu Alban de Nervaux, son directeur général. « Nous devons continuer à faire monter en puissance certaines équipes, notamment la direction des plateformes en ligne, dont les forces vives nous semblent devoir, a minima, doubler dans les trois ans qui viennent », a-t-il dit.



