Antonio José Seguro élu président du Portugal avec une large majorité
Le socialiste modéré Antonio José Seguro a été élu président du Portugal lors du second tour de l'élection présidentielle, tenu le 6 février 2026. Selon des résultats portant sur 99,2% des circonscriptions, il a obtenu 66,8% des suffrages, contre 33,2% pour le candidat d'extrême droite André Ventura, président de la formation Chega. Cette victoire marque un tournant politique, avec la succession de Marcelo Rebelo de Sousa, en poste depuis dix ans, prévue pour le 9 mars prochain.
Une victoire saluée comme un triomphe démocratique
Antonio José Seguro, âgé de 63 ans et ancien secrétaire général du Parti socialiste de 2011 à 2014, a réagi avec émotion à sa victoire. « La réponse donnée par le peuple portugais, son attachement aux valeurs de la liberté et de la démocratie me rendent ému et fier », a-t-il déclaré. Plus tard dans la soirée, il a ajouté : « Les vainqueurs, ce soir, ce sont les Portugais et la démocratie », affirmant sa volonté d'être « le président de tous les Portugais ».
Cette élection a attiré des félicitations internationales. Emmanuel Macron a promis de travailler avec le nouveau président pour renforcer les liens entre le Portugal et la France, tandis que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a salué la voix du Portugal en faveur de « valeurs européennes communes ». Elle a également souligné la résilience démocratique des Portugais face aux tempêtes récentes.
Contexte politique et campagne perturbée
André Ventura, candidat d'extrême droite, avait promis une « rupture » avec les partis au pouvoir depuis cinquante ans. Qualifié pour le second tour avec 23,5% des voix au premier tour, il a reconnu sa défaite tout en se félicitant du meilleur résultat de son parti. « Nous menons la droite au Portugal et nous allons bientôt gouverner ce pays », a-t-il lancé à ses partisans.
La campagne électorale a été fortement perturbée par des tempêtes meurtrières qui ont balayé le Portugal ces deux dernières semaines, entraînant le report du scrutin dans une vingtaine de circonscriptions. Malgré cela, l'abstention devrait rester proche du taux de 47,7% enregistré au premier tour, qui avait connu la plus forte participation depuis 2006.
Rôle futur du président et enjeux politiques
Antonio José Seguro, ancien député et ex-ministre revenu en politique après une décennie en retrait, s'est positionné comme un candidat rassembleur. Il a mis en garde contre « le cauchemar » que représenterait une victoire de son adversaire. Bien qu'il ait bénéficié du soutien de personnalités de l'extrême gauche, du centre et de la droite, le premier ministre Luis Montenegro, chef d'un gouvernement minoritaire de droite, n'a pas donné de consigne de vote pour le second tour.
Le rôle du président portugais est surtout symbolique, mais il joue un arbitre en cas de crise et peut dissoudre le Parlement. Bruno Ferreira Costa, politologue à l'université Beira Interior, note que le nouveau président restera au centre du jeu politique, étant donné l'absence de majorité parlementaire stable. Luis Montenegro a promis de travailler avec le futur président dans un « esprit de convergence » pour garantir la stabilité.
Cette élection confirme la montée en puissance de l'extrême droite au Portugal, avec Chega devenu la première force d'opposition après les législatives de mai 2025. Antonio José Seguro devra naviguer dans un paysage politique fragmenté, tout en honorant sa promesse d'unité nationale.