Amélie de Montchalin nommée première femme présidente de la Cour des comptes
Montchalin, première femme présidente de la Cour des comptes

Une nomination historique à la tête de la Cour des comptes

Le président de la République, Emmanuel Macron, prépare une nomination politique majeure au sommet d'une institution républicaine prestigieuse. Après avoir installé Richard Ferrand à la présidence du Conseil constitutionnel en 2025, le chef de l'État s'apprête à désigner une autre fidèle pour diriger la Cour des comptes : la ministre actuelle de l'action et des comptes publics, Amélie de Montchalin.

Une première historique pour une institution bicentenaire

Cette nomination revêt un caractère historique à plusieurs égards. Amélie de Montchalin deviendra la première femme à occuper la présidence de la Cour des comptes depuis la création de cette institution par Napoléon Bonaparte en 1807. La Cour des comptes est chargée de vérifier l'emploi des fonds publics et de sanctionner les manquements à leur bon usage dans le cadre de ses fonctions juridictionnelles.

À seulement 40 ans, l'économiste sera également la plus jeune présidente jamais nommée à la tête de cette institution. Traditionnellement, ce poste prestigieux revient à des hommes âgés de 50 à 60 ans, ce qui rend cette nomination particulièrement remarquable.

Un calendrier politique précis

La nomination d'Amélie de Montchalin comme première présidente de la Cour des comptes devrait être officialisée mercredi 11 février en conseil des ministres. Sa prise de fonction est prévue pour le 22 février, dans le cadre du remaniement gouvernemental annoncé par le premier ministre, Sébastien Lecornu.

Ce calendrier intervient juste avant le début de la période de « réserve » qui précède les élections municipales de mars, marquant ainsi une transition politique importante au sein des institutions de la République.

Un parcours professionnel solide

Amélie de Montchalin succédera à l'ancien ministre socialiste Pierre Moscovici, qui a quitté ses fonctions le 1er janvier pour rejoindre la Cour des comptes européenne à Luxembourg. L'économiste a commencé sa carrière dans le secteur privé, travaillant successivement chez Exane puis Axa, avant de se tourner vers la politique.

Ces dernières semaines, un autre nom avait été évoqué pour succéder à Pierre Moscovici : celui de Rémy Rioux, l'actuel directeur général de l'Agence française de développement. Cependant, selon un magistrat de la Cour, « celui-ci a certainement payé le prix d'être trop soutenu par Pierre Moscovici dont il fut le directeur de cabinet à Bercy ».

Cette nomination marque ainsi une nouvelle étape dans la carrière politique d'Amélie de Montchalin et représente un tournant significatif pour la Cour des comptes, institution bicentenaire qui verra pour la première fois une femme en prendre la direction.