Jean-Luc Mélenchon est donc candidat à la présidentielle. Aucune surprise dans cette annonce faite dimanche soir. Si le leader de La France insoumise avait expliqué en 2022 se mettre « en retrait », il n’a en réalité jamais quitté le devant de la scène. Et encore moins abandonné l’idée de se présenter une quatrième fois. C’est l’avantage d’avoir un parti à sa main, sinon discipliné et en rang serré derrière son guide suprême. Ces dernières années, celles et ceux qui ne partageaient plus sa doctrine, ni sa volonté de cliver toujours plus, ont été exclus sans ménagement. La France insoumise, vous l’aimez ou vous la quittez. Au moins, on ne pourra pas lui reprocher un manque de clarté, ni lui faire le procès de la friture sur la ligne ou de l’éternelle guerre des chefs, précisément ce qui consume à petit feu le Parti socialiste et Les Écologistes.
Un parti discipliné mais une stratégie d'échec
Pour autant, si Jean-Luc Mélenchon a réussi à faire de La France insoumise un acteur majeur de notre vie politique, sa stratégie reste marquée du sceau de l’échec. Échec à la présidentielle. En trois participations, il n’a jamais atteint le second tour, quand Marine Le Pen a franchi ce cap à deux reprises en 2017 et en 2022. Échec aux législatives ensuite. Jean-Luc Mélenchon, qui rêve de l’Élysée, s’est aussi vu à Matignon. Mais là encore, il a échoué. Ce n’est pas faute d’avoir réussi à unifier la gauche en 2022 avec la Nupes et en 2024 avec le NFP. Non seulement cela n’a pas suffi, malgré un sursaut notable, mais surtout aucune de ses alliances n’a résisté à sa tentation hégémonique d’effacer les autres partis.
Un bilan contrasté
Jean-Luc Mélenchon a créé une caisse de résonance, c’est incontestable. Et son talent de stratège en est la raison première. Mais à quoi bon ? Moribond depuis 2017, le Parti socialiste compte désormais 68 députés, soit trois de moins que LFI. Aux municipales, le PS a gagné Paris et Marseille sans accord avec LFI. Certes, les Insoumis ont gagné Saint-Denis et Roubaix, mais, à ce stade, cela ne dessine pas un élan. Et le RN caracole toujours en tête des sondages. Surtout, dans ce moment de tensions internationales, avec deux guerres en cours en Ukraine et en Iran, qui ont pour point commun deux formes d’impérialisme, l’une venue de Moscou, l’autre de Washington, il y a tout lieu de s’interroger sur un candidat qui a pour ligne de conduite « le bruit » et la « fureur ». Soit « l’enthousiasmante » déclinaison des roulements de tambours et de la marche au pas. Un vrai programme d’unité…



