Le pape Léon XIV s'en prend au concept de « guerre juste » prôné par l'administration Trump
Dans sa première encyclique publiée lundi, le premier pape américain de l'Histoire met en garde contre « une culture violente de la puissance » et plaide pour « le dialogue, la diplomatie » et « le pardon » face aux conflits internationaux.
Le pape Léon XIV a appelé, dans son premier texte majeur, à dépasser le concept de « guerre juste » défendu notamment par l'administration américaine de Donald Trump, regrettant que « l'humanité (soit) en train de glisser vers une culture violente de la puissance ».
« Aujourd'hui plus que jamais, il est important de réaffirmer le dépassement de la théorie de la guerre juste trop souvent invoquée pour justifier n'importe quelle guerre, sous réserve du droit à la légitime défense dans son sens le plus strict », écrit-il dans son encyclique « Magnifica Humanitas » (Humanité magnifique), publiée lundi.
Un appel au « dialogue » et à « la diplomatie »
« La guerre n'est pas seulement menée, mais aussi préparée culturellement à travers des récits simplistes, des logiques ami-ennemi, la désinformation et la peur. Lorsque la mémoire historique s'estompe et que les critères éthiques qui protègent les civils et les plus fragiles s'affaiblissent, il devient plus facile de présenter la violence comme nécessaire, inévitable, voire propre », ajoute le pape.
Or « la magnifique humanité dispose d'outils bien plus efficaces et capables de promouvoir la vie humaine pour faire face aux conflits, tels que le dialogue, la diplomatie, le pardon », poursuit Léon XIV.
Le premier pape américain de l'Histoire s'est imposé comme un critique de premier plan de la guerre au Moyen-Orient, qui a débuté avec les frappes aériennes américaines et israéliennes contre l'Iran fin février.
Critiqué en retour par Trump
Il a condamné la menace du président américain Donald Trump de détruire l'Iran comme « vraiment inacceptable » et a exhorté les Américains à demander à leurs élus au Congrès « d'œuvrer pour la paix et de toujours rejeter la guerre ».
Le président américain avait qualifié le pape de « faible » face à la criminalité et « nul » en matière de politique étrangère, ce à quoi Léon XIV avait répondu qu'il avait le « devoir moral » de s'élever contre la guerre.
L'administration Trump a justifié à plusieurs reprises son attaque contre l'Iran par la nécessité d'empêcher le pays de développer une capacité d'armement nucléaire.
Le vice-président américain JD Vance, un converti au catholicisme, a recouru à l'argument de la « guerre juste » et a exhorté le pape à « être prudent » sur les sujets de théologie.



