Monaco se prépare à une présidence historique du Conseil de l'Europe
Alain Berset, secrétaire général du Conseil de l'Europe, a entamé ce mercredi une visite officielle en Principauté de Monaco. Cette démarche s'inscrit dans le cadre des ultimes préparatifs avant que Monaco n'occupe, le 15 mai prochain, la présidence du Comité des ministres du Conseil de l'Europe pour une durée de six mois. Une première dans l'histoire de la Principauté, membre de cette institution européenne depuis 2004.
Une présidence tournante selon l'alphabet
Après la Moldavie et avant le Monténégro, Monaco prendra la tête de ce comité dans le respect d'une rotation alphabétique, conçue pour assurer une équité entre les 42 États membres. Monaco aura ainsi attendu vingt-deux ans avant d'accéder à cette responsabilité, soulignant le caractère exceptionnel de cet événement pour le petit État.
Lors d'une interview exclusive, Alain Berset a détaillé les objectifs et l'influence potentielle de cette présidence. « Un pays qui préside a la possibilité de poser des accents, de contribuer de manière vraiment forte à influencer l'agenda », a-t-il affirmé. Il a précisé que les priorités définies par Monaco incluent la défense des droits des femmes, la lutte contre les violences domestiques, l'accès à la justice pour les enfants, ainsi que la promotion du sport, domaine dans lequel la Principauté dispose d'une longue tradition.
L'impact d'une présidence de six mois
Interrogé sur la brièveté apparente d'un mandat de six mois dans le paysage politique, Alain Berset a nuancé cette perception. « Il ne faut pas limiter la présidence à ces six mois. Une montée en puissance se fait avec la préparation du programme, avec la participation avant et après au bureau du Comité des ministres », a-t-il expliqué. Selon lui, cette approche permet d'étendre l'impact de la présidence au-delà de la période formelle, favorisant une continuité dans les actions entreprises.
Avec 46 États membres, le Conseil de l'Europe repose sur un principe de participation égale, rendant cette rotation essentielle au bon fonctionnement de l'institution. Alain Berset, bien que n'ayant que dix-huit mois d'expérience au sein de l'organisation, a salué l'efficacité de ce système.
Des échanges fructueux avec les autorités monégasques
La visite d'Alain Berset à Monaco avait pour objectif principal de préparer le pays à cette présidence imminente. « Cela nous a permis de nous préparer ensemble à cette présidence », a-t-il déclaré, évoquant ses discussions avec les plus hautes autorités, dont le Souverain et le Secrétaire d'État à la Justice. Les échanges ont porté sur des dossiers liés à la présidence, ainsi que sur des questions générales telles que la situation géopolitique, la Cour européenne des droits de l'Homme et le soutien à l'Ukraine.
Alain Berset a également souligné l'engagement constant de Monaco au sein du Conseil de l'Europe depuis son adhésion il y a plus de vingt ans. « C'est un fort engagement, sincère pour les valeurs européennes portées par le Conseil de l'Europe. Et c'est un engagement que je trouve généreux en temps, en force de propositions », a-t-il affirmé, reconnaissant les efforts particuliers d'un État aux ressources administratives limitées comparées à celles de grands pays comme la France ou l'Allemagne.
Une approche pédagogique envers les jeunes générations
Dans le cadre de sa visite, Alain Berset a rencontré des lycéens monégasques, une initiative qu'il juge cruciale pour sensibiliser les nouvelles générations aux enjeux européens. « Dans chaque visite, j'ai des rencontres avec des jeunes. C'est très nourrissant, on apprend énormément à leur contact », a-t-il partagé. Il estime que les institutions ont un rôle à jouer dans l'apport de clés de lecture et d'éléments de réflexion, surtout dans un monde devenu complexe et parfois anxiogène.
Cette présidence représente donc une opportunité unique pour Monaco de marquer de son empreinte l'agenda européen, tout en renforçant sa collaboration avec les autres États membres. Alain Berset s'est dit enthousiaste à l'idée de travailler avec la Principauté dans ce cadre, soulignant le potentiel de cette collaboration pour avancer sur des sujets prioritaires comme les droits humains et la justice sociale.



