Iran : un revirement diplomatique sur le nucléaire après des pourparlers à Oman
Iran : revirement diplomatique sur le nucléaire après Oman

Un changement de ton brutal dans la diplomatie iranienne

En l'espace de vingt-quatre heures, l'attitude de l'Iran concernant les pourparlers nucléaires avec les États-Unis a radicalement évolué. Samedi 7 février, au lendemain de discussions à Mascate, Oman, Abbas Araghtchi, le chef de la diplomatie iranienne, avait décrit l'atmosphère comme très positive. Cependant, dimanche, lors d'un forum à Téhéran, il a réaffirmé avec fermeté les lignes rouges de son pays, allant jusqu'à mettre en doute le sérieux des États-Unis dans ces échanges.

Une position inflexible sur l'enrichissement d'uranium

M. Araghtchi a clairement indiqué que l'Iran ne céderait pas à la demande répétée de Donald Trump d'abandonner l'enrichissement d'uranium, même en cas de guerre imposée. Il a souligné que son pays a payé un prix très lourd pour son programme nucléaire pacifique et que personne n'a le droit de dicter sa conduite. Pourquoi insistons-nous autant sur l'enrichissement et nous refusons d'y renoncer ? Parce que notre souveraineté est non négociable, a-t-il insisté, renforçant le message de résistance.

Des mesures de confiance conditionnelles et des doutes persistants

Le ministre a évoqué la possibilité pour l'Iran d'envisager une série de mesures de confiance concernant le programme nucléaire, mais uniquement en échange d'une levée des sanctions internationales qui étouffent l'économie iranienne. Toutefois, lors d'une conférence de presse, il s'est interrogé sur la volonté réelle des États-Unis à mener des négociations sincères. L'Iran évaluera l'ensemble des signaux et décidera de la poursuite des discussions, a-t-il affirmé, laissant planer l'incertitude sur l'avenir des pourparlers.

Un contexte militaire tendu et des déclarations contradictoires

M. Araghtchi a assuré que le déploiement militaire américain, illustré par la visite de l'émissaire Steve Witkoff sur le navire amiral Abraham-Lincoln dans le Golfe, ne les effraie pas. Ces propos interviennent alors que Donald Trump a multiplié les menaces d'intervention militaire ces dernières semaines, d'abord en réponse à la répression des manifestations en janvier, puis pour pousser Téhéran vers un accord nucléaire. Paradoxalement, le président américain a salué vendredi des discussions très bonnes, les premières depuis les bombardements de juin, et annoncé leur poursuite la semaine suivante.

Des perspectives incertaines malgré des avancées signalées

Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a déclaré sur X que les pourparlers, soutenus par des gouvernements amis de la région, constituaient un pas en avant. Samedi, M. Araghtchi avait mentionné un accord avec Washington pour une nouvelle session bientôt, tout en reconnaissant qu'il restait un long chemin à parcourir pour établir la confiance. Cette oscillation entre optimisme et fermeté reflète la fragilité des négociations, où chaque avancée semble contrebalancée par des tensions persistantes.