La Norvège a officiellement accepté de rejoindre la "dissuasion nucléaire avancée" aux côtés de la France, a annoncé le président français Emmanuel Macron mercredi 27 mai lors d'une visite à Paris du Premier ministre norvégien Jonas Gahr Stoere. Cette annonce marque une étape majeure dans le renforcement de la coopération de défense entre les deux pays.
Un partenariat stratégique renforcé
"Vous avez donné votre accord pour que la Norvège rejoigne ce que nous avons appelé la dissuasion nucléaire avancée. C'est une étape très importante de notre partenariat et ce sera le moteur d'une coopération très ambitieuse", a déclaré Emmanuel Macron lors d'une conférence de presse conjointe. Il a précisé que l'accord prévoit un principe d'assistance mutuelle, des dialogues réguliers entre les armées, et un renforcement de la coopération dans des domaines clés comme la défense anti-aérienne, l'Arctique, le Grand Nord et le spatial.
Un contexte géopolitique tendu
Cette décision intervient dans un contexte de tensions accrues avec la Russie et de remise en question de la solidarité transatlantique. Depuis des décennies, la dissuasion nucléaire de la plupart des pays européens repose principalement sur les États-Unis, seul pays avec la France et le Royaume-Uni à disposer de l'arme nucléaire. Cependant, le retour au pouvoir de Donald Trump en janvier 2025 a bouleversé les alliances traditionnelles, avec un rapprochement américain vers la Russie et des menaces envers les alliés, notamment sur le Groenland.
La rhétorique agressive de la Russie, alors que la guerre en Ukraine entre dans sa cinquième année sans avancée dans les négociations de paix, a renforcé les inquiétudes européennes. Emmanuel Macron a souligné qu'il s'agit d'un "moment de réveil stratégique indispensable à l'Europe" et que la Norvège est un "partenaire précieux et incontournable pour la sécurité collective".
Vers une dissuasion européenne élargie
En mars dernier, lors d'un discours sur la base de l'Île Longue, Emmanuel Macron avait déjà évoqué ce concept de dissuasion "avancée" et annoncé une augmentation du nombre de têtes nucléaires françaises. L'Allemagne a été citée comme partenaire clé, le chancelier Friedrich Merz confirmant des discussions. Plusieurs autres pays, dont la Pologne, les Pays-Bas, la Belgique et la Suède, ont également manifesté leur intérêt pour ce projet, discuté lors d'un sommet européen à Bruxelles.
Cet accord avec la Norvège représente une avancée significative dans la construction d'une défense européenne plus autonome, face aux menaces renouvelées et aux incertitudes géopolitiques.



