Municipales 2026 à Sète : les propositions économiques et pour l'emploi des candidats
Chaque lundi jusqu'au 2 mars, Midi Libre détaille les programmes des candidats en campagne pour les élections municipales à Sète. Aujourd'hui, les six candidats exposent leurs mesures en matière de développement économique et d'emploi, avec un accent sur le port, l'économie bleue et la formation locale.
Hervé Marquès : protéger l'emploi et l'économie locale
Hervé Marquès souligne que le chômage a baissé de 39,6 % en 10 ans à Sète, mais il reconnaît les difficultés des entreprises, notamment la multiplicité des interlocuteurs publics et les tensions foncières. Il propose de créer un manager économique pour piloter un parcours personnalisé pour chaque entreprise, englobant développement, emploi, formation et logement des salariés. Il priorise la reconquête de 35 hectares de friches industrielles pour les entrepreneurs locaux et conditionne l'accueil d'entreprises extérieures à leurs retombées concrètes. Le quartier des Tonneliers incarnera cette stratégie, avec un équilibre entre économie, emploi, habitat et loisirs. Il note aussi les progrès commerciaux, avec 109 nouvelles enseignes ouvertes et une vacance commerciale à 6 %, contre 12 % en moyenne nationale. La Maison du commerce et de l'artisanat ouvrira à l'automne 2026, et une foncière commerciale sera créée pour diversifier l'offre et limiter la hausse des baux. Il soutient l'apprentissage et l'alternance via un bonus aux entreprises, et défend la pêche et le port comme piliers de l'identité sétoise.
Sébastien Pacull : gagner la bataille de l'emploi
Sébastien Pacull propose un plan de rupture pour transformer Sète en un pôle de souveraineté économique. Il vise à simplifier l'administration en clarifiant les rôles entre la CCI, Blue Invest et Thau Agglo. Il sanctuarisera le foncier via des réserves stratégiques dans le PLU pour 20 ans et créera un Village de l'artisanat pour maintenir les savoir-faire locaux à des coûts maîtrisés. Il veut faire de Sète une référence de l'entretien naval avec un Pôle de formation aux métiers de la mer. Pour le tourisme, il ciblera les séminaires d'entreprises en adaptant la salle Brassens et soutiendra une offre hôtelière adaptée. Il propose aussi de faire de Sète un laboratoire de la silver économie, créant des emplois de services non délocalisables pour les aînés.
Laura Seguin : se former, travailler et entreprendre
Laura Seguin veut faire de Sète une ville où l'on se forme, travaille et entreprend toute l'année. Elle est favorable au retour en régie publique des services comme l'eau et les cantines pour renforcer l'emploi. Elle utilisera la commande publique comme levier économique, avec des clauses sociales pour favoriser l'insertion. Elle repensera l'entrée Est pour l'économie locale et la formation dans les filières d'avenir comme la transition écologique et l'économie maritime. Elle soutiendra la pêche et la conchyliculture en améliorant le débarquement et le stockage, et renforcera les débouchés locaux via la restauration collective. Ses priorités de formation incluent les filières du sport, de la rénovation énergétique et de la culture, avec un développement du logement étudiant. Pour le tourisme, elle créera les Assises du tourisme pour un modèle respectueux et diversifié, et revalorisera les emplois saisonniers. Elle renforcera aussi la foncière commerce et la médiation entre habitants et bars-restaurants.
Daniel Pilaudeau : contre le chômage et la précarité
Daniel Pilaudeau critique un système économique qui privilégie la rentabilité financière, notant que le chômage est utilisé pour maintenir des salaires bas. Il souligne la précarité de la jeunesse sétoise, souvent dans des contrats saisonniers ou de l'intérim. Il affirme que les richesses existent, mais sont concentrées dans les coffres de la grande bourgeoisie, avec un nombre de milliardaires passé de 39 à 145 en France en dix ans. Il propose de lever le secret des affaires et d'ouvrir les comptes pour contrôler l'argent produit par le labeur, permettant une répartition du travail sans perte de salaire. Il appelle à débarrasser le monde de l'exploitation et de la loi du profit, en votant Lutte ouvrière pour que les travailleurs organisent et dirigent la société.
Pascal Pintre : parier sur la création d'emplois
Pascal Pintre voit l'activité économique et l'emploi comme essentiels pour enrayer le vieillissement de la population. Il propose de consacrer les dernières réserves foncières à la création d'emplois. Il veut faire de Sète une ville pilote en économie maritime et environnementale, garantissant l'avenir de la pêche et de la conchyliculture, et soutenant l'activité portuaire via un partenariat avec le Port de Sète. Sur le site de Timac Agro, il créera un pôle d'activités marines et environnementales dans des secteurs comme l'eau, la lutte contre l'érosion côtière et l'aquaculture. Pour le commerce, il renforcera les animations, instaurera du stationnement gratuit et investira dans un environnement propre et végétalisé. Il envisage aussi de faire de Sète une destination de tourisme d'affaires avec un Palais des congrès et une offre hôtelière haut de gamme.
Sébastien Denaja : Sète, singulière mais pas seule
Sébastien Denaja affirme que Sète doit être la capitale régionale de l'économie bleue, un secteur créateur d'emplois durables. Il veut que la ville prenne sa place dans les projets portuaires et maritimes, comme les gares maritiques et l'aménagement du "cul de bœuf". Il souligne que Sète doit jouer collectif avec la Région, le Port, l'État et l'Europe. Face aux défis de l'intelligence artificielle et de la robotique, il propose de créer un Technopôle dédié à l'économie bleue à l'entrée Est, associant recherche, formation et industrie du futur. Pour le commerce de proximité, il soutiendra un meilleur entretien des rues, des trottoirs accessibles, une heure de stationnement gratuit et des animations commerciales toute l'année. Il veut un tourisme respectueux des habitants et de l'environnement, mieux étalé sur l'année, avec un centre de conférences méditerranéen pour développer un tourisme scientifique lié à l'économie bleue.
Ces propositions illustrent les visions divergentes pour dynamiser Sète, avec un accent commun sur le port, l'artisanat et la formation comme leviers clés pour l'emploi local.