La crise financière que traverse le Département de Gironde ne cesse de s'aggraver. Alors que le budget primitif 2026 avait été voté le 13 avril dernier, la Chambre régionale des comptes (CRC) a de nouveau rejeté le budget de la collectivité, pointant un déficit bien plus élevé que celui présenté. Estimé à 102 millions d'euros à l'automne, le déficit atteint désormais 136,5 millions d'euros, soit 6,6 % des recettes, dépassant le seuil fatidique des 5 %.
Un déficit qui explose
La CRC a demandé à la collectivité de revoir sa copie, en intégrant la réalité du déficit 2025. Le Département avait présenté un déficit de 38,5 millions, mais la Chambre a révélé un montant bien supérieur. Cette situation découle d'une opération de grand nettoyage comptable, qui implique l'identification et le règlement de nombreuses factures impayées, notamment adressées par les associations partenaires. Au fil des recherches, le montant des dépenses en déshérence se consolide, atteignant désormais 136,5 millions.
Des choix comptables contestés
Le Département avait bien identifié ces dépenses, mais a choisi de ne pas les rattacher en totalité au déficit de l'exercice précédent. Il a présenté 86 millions de dépenses de fonctionnement non rattachées comme de nouvelles dépenses pour 2026. La CRC estime que ce choix n'est pas un simple jeu d'écriture : en rattachant ces sommes au déficit, ainsi que 11 millions de reste-à-réaliser en investissement, le Département franchit le seuil des 5 % et tombe sous le coup de l'article L 1612-14 du Code général des collectivités, renforçant les obligations de transparence et le contrôle de la Chambre.
Un redressement compromis
La CRC reconnaît les efforts entrepris par la collectivité et ne préconise pas de mesures d'économies supplémentaires. Cependant, le montant des économies nécessaires est passé de 73 à plus de 100 millions d'euros, rendant illusoire un redressement en trois ans comme prévu initialement. La Chambre recommande désormais d'étaler le plan sur quatre ans, repoussant l'équilibre financier au-delà de la fin du mandat actuel.
De plus, la CRC précise n'avoir examiné que 50 % des postes de dépenses. La situation pourrait donc encore se dégrader, laissant planer une incertitude sur l'avenir financier du Département de Gironde.



