L'exposition présentée à partir du 23 mai à la Villa Beatrix Enea à Anglet est le fruit d'une succession de rencontres. « Des documents sont uniques », précise Olivier Rauch, commissaire d'exposition et passionné de Jean Cocteau.
Une série de rencontres déterminantes
« Cette exposition ne va être que le fruit de rencontres pour qu'elle ait lieu, ici, à Anglet », met en avant Liane Béobide, adjointe au maire en charge de la Culture, au moment d'introduire la nouvelle exposition : « Jean Cocteau - Igor Markevitch, correspondances et résonances ».
La première rencontre, « évidemment », remonte aux années 1930 : entre Jean Cocteau, poète, plasticien, cinéaste, et Igor Markevitch, « prodige de la musique », qui « va rencontrer le monstre sacré pour une œuvre lyrique. Il a déjà composé la musique mais il a besoin d'une écriture », retrace Liane Béobide.
La deuxième rencontre est celle d'Igor Markevitch qui, « dans les années 1970, va rencontrer à Paris Valentine et Jean-Claude Marcadé ». Valentine Marcadé est docteure en lettres, aux origines russo-ukrainiennes comme Igor Markevitch. Jean-Claude Marcadé est historien d'art. « Ils vont nouer une amitié ».
La troisième rencontre, « 38 ans plus tard », « changement de siècle », est celle de « Jean-Claude Marcadé et de la ville d'Anglet », continue Liane Béobide. « Son épouse est décédée. Sans héritier, il a besoin de transmettre son œuvre, il ne veut pas qu'elle soit dispersée. Il vient proposer à la ville d'Anglet plus de 2 200 œuvres ». Dans ce don de Jean-Claude Marcadé, « exécuteur testamentaire de Markevitch » précise la municipalité, des documents aujourd'hui exposés.
Et enfin, quatrième étape : la mise en relation, via l'équipe municipale angloye dont l'élue Christiane Bossavie, avec Olivier Rauch. L'enseignant d'histoire-géographie à la retraite, qui affiche « 30 ans de provisorat dans beaucoup de lycées dont un passage remarqué à Cassin à Bayonne », dit de lui Liane Béobide, est « un passionné » de Jean Cocteau depuis l'adolescence, depuis qu'il avait reçu en cadeau à 17 ans « Plain-Chant ». « Ce recueil de poésie d'amour m'a ébloui », exprime le sexagénaire.
Un trésor exhumé
À la découverte des documents liés à Jean Cocteau dans la collection angloye, il a aussi été subjugué. « Quand j'ai découvert ce coffret, au départ c'étaient des feuillets. Je dis, au bout de 20-25 minutes d'observation : 'vous avez là un trésor'. Pour ceux qui aiment, qui connaissent ou qui essayent de mieux connaître Cocteau, c'est véritablement comme exhumer un trésor », raconte Olivier Rauch.
« Il y a ces correspondances, des dizaines de lettres et aussi une quantité importante de dessins. Certains de ces dessins sont inconnus », explique le commissaire de l'exposition. « Quand j'ai vu ces lettres et ces dessins, rien n'était classé », se souvient-il. « Cocteau, dans les années 1930-1940, ne datait jamais ses lettres. Le premier travail que j'ai fait, a été de commencer par retranscrire la totalité des lettres. J'ai tenté un classement à travers ce qui était dit et ce que je connais de la biographie de Jean Cocteau », indique Olivier Rauch. Une première mission de six mois, qui a été suivie par des semaines de travail pour aboutir à cette exposition.
« Le défi était de trouver systématiquement, pour chaque lettre exposée, suffisamment d'illustrations pour que le public trouve un intérêt immédiat », poursuit-il. Illustration par des dessins, de l'audiovisuel, avec l'objectif de rendre l'exposition « la plus vivante possible ». « Pour les passionnés de Cocteau et Markevitch, ça va être une découverte formidable. Pour le grand public, on essaye de rendre l'exposition la plus attractive possible ».
Parcours et informations pratiques
« L'exposition se déploie dans six espaces de la Villa Beatrix Enea : le hall et les trois salles du rez-de-chaussée, ainsi que deux salles du premier étage, en privilégiant un ordre chronologique », mentionne le communiqué de presse de la Ville d'Anglet. L'exposition présente aussi « des prêts d'œuvres issues de la Bibliothèque universitaire de Lausanne (Suisse), du fonds Jean Cocteau de l'université Paul-Valéry de Montpellier, ainsi que de collections particulières ».
Pratique : « Jean Cocteau - Igor Markevitch. Correspondances et résonances » à la Villa Beatrix Enea à Anglet, du samedi 23 mai au samedi 29 août 2026. Entrée libre.
- Horaires du 23 mai au 30 juin : du mardi au vendredi de 14h à 18h, le samedi de 11h à 13h et de 14h à 18h.
- Horaires du 1er juillet au 29 août : du mardi au samedi, de 11h à 13h et de 14h à 18h.
- Ouvert les 14 juillet et 15 août.
- Visites dialoguées et vivantes le samedi à 11h et 15h.



