Un budget primitif 2026 adopté dans un contexte de vives tensions au Pradet
Le conseil municipal du Pradet s'est réuni pour examiner et voter le budget primitif de l'année 2026, un exercice qui a rapidement dégénéré en échanges animés entre la majorité et l'opposition. Présenté par la majorité, ce budget s'élève à près de 23,6 millions d'euros, avec une répartition de plus de 17 millions en fonctionnement et plus de 6 millions en investissement.
Les chiffres clés et les projets annoncés
Dans le détail, les charges de personnel représentent environ 9 millions d'euros, tandis que les charges générales dépassent les 4 millions. La section investissement prévoit plusieurs projets structurants, notamment des travaux dans les écoles, comme celle de Marcel-Pagnol, ainsi que la rénovation de l'église et de bâtiments communaux. Ces initiatives visent à moderniser les infrastructures de la commune, mais elles ont suscité des débats intenses lors de la séance.
Des critiques acerbes sur la transparence et la dette
Valérie Rialland, chef de file du groupe d'opposition Pour les Pradétans, a immédiatement pointé du doigt ce qu'elle qualifie de manque de clarté dans le budget. Elle a souligné l'absence de reprise anticipée des résultats de 2025, s'interrogeant sur les excédents et les reports. « Un budget primitif doit être un moment de transparence et de compréhension pour tous », a-t-elle insisté, remettant en cause la cohérence des chiffres présentés.
Le sujet de la dette a également été au cœur des préoccupations. Alors que le budget prévoit 3,5 millions d'euros d'emprunts, la projection indique une baisse de la dette à 10,3 millions d'euros fin 2026. Valérie Rialland a questionné cette apparente contradiction : « Comment peut-on emprunter autant tout en affichant une réduction de la dette ? » Elle a aussi relevé des écarts entre le rapport d'orientations budgétaires et le budget primitif, présentés à seulement quinze jours d'intervalle, demandant des clarifications sur les véritables chiffres.
Les réponses de la majorité et les échanges tendus
Face à ces accusations, le maire Hervé Stassinos a défendu la démarche de la majorité. Il a expliqué que l'emprunt prévu était un emprunt d'équilibre, destiné à disparaître une fois les résultats de 2025 intégrés via le compte financier unique, attendu pour juin. « C'est un mécanisme technique classique, et le budget sera ajusté ultérieurement », a-t-il assuré, reconnaissant que des ajustements avaient été faits après le débat d'orientation budgétaire pour affiner les propositions.
Les tensions ont atteint leur paroxysme lorsque le maire a rétorqué à Valérie Rialland, qui occupe un poste de conseillère départementale, que la dette était liée à des projets comme celui de l'école Marcel-Pagnol. « Si vous nous aviez aidés au niveau départemental, on n'aurait plus besoin d'emprunter autant », a-t-il lancé, faisant référence à des subventions attendues. L'opposante a répliqué en soulignant que les subventions n'étaient pas un dû et a critiqué le manque de consultation dans les dossiers.
Adoption finale et perspectives
Après environ trente minutes d'échanges vifs et parfois personnels, le budget primitif 2026 a finalement été adopté par le conseil municipal. Il trace désormais la feuille de route financière de la commune pour l'année à venir, malgré les divergences persistantes. Cet épisode illustre les défis de la gestion municipale dans un contexte de contraintes budgétaires et de demandes accrues de transparence de la part des citoyens et des élus.



