Artigues maintient son cap budgétaire sans toucher à la taxe foncière
Le conseil municipal d'Artigues s'est réuni ce lundi 13 avril pour examiner les orientations budgétaires de la commune. Une décision majeure a émergé des débats : aucune hausse du taux communal de la taxe foncière n'est prévue pour l'année 2025. Cette annonce intervient dans un contexte économique national difficile, marqué par une baisse des subventions de l'État et une augmentation des charges.
Une situation financière présentée comme « saine » par la majorité
Le maire, Alain Garnier, a insisté sur la solidité des comptes publics locaux. « La situation est saine », a-t-il déclaré, tout en reconnaissant les défis à surmonter. La commune fait face à une perte de 80 000 euros sur les aides de l'État initialement attendues, ainsi qu'à une hausse continue des dépenses de personnel.
Pour équilibrer les comptes, Artigues a pu compter sur des recettes exceptionnelles provenant des droits de mutation, qui ont dépassé les 600 000 euros. Ces rentrées d'argent ont permis à la collectivité d'afficher des indicateurs financiers robustes pour 2025 :
- Une capacité de désendettement ramenée à seulement deux ans.
- Un taux d'épargne dépassant les 16%.
Des inquiétudes pour l'avenir et des investissements majeurs à financer
Si le présent semble maîtrisé, l'horizon 2026-2027 suscite des préoccupations. Les services municipaux ont réalisé une projection alarmante : un recours hypothétique à un emprunt de 2 millions d'euros pourrait provoquer un retour de « l'effet ciseau » dès 2027, avec des dépenses dépassant les recettes.
Cette perspective est d'autant plus prégnante que la commune doit financer des projets d'envergure dans les prochaines années :
- La restructuration de l'école élémentaire du Parc, estimée à 5 millions d'euros.
- La rénovation énergétique de plusieurs bâtiments communaux, pour un coût annoncé de plus de 2 millions d'euros.
Le maire a souligné que l'école du Parc est actuellement « le plus gros consommateur d'énergie » de la commune, justifiant ainsi l'urgence des travaux de rénovation.
L'opposition critique un manque de clarté et pointe des risques
Dans les rangs de l'opposition, les élus ont exprimé leurs réserves. Mathieu Chollet (Ensemble pour Artigues) a déploré un certain manque de transparence et a mis en garde contre « la moindre imprudence qui peut avoir des conséquences durables » sur les finances locales.
Éléonore Da Gama (Rassemblement national) a, quant à elle, regretté l'absence de création d'un poste administratif dans la police municipale dans le budget prévisionnel. Elle a également interrogé le maire sur sa stratégie pour maîtriser les dépenses de fonctionnement, un point qui peut sembler paradoxale au regard de ses autres demandes.
Des réponses et des engagements de la majorité municipale
Face à ces interrogations, Alain Garnier a apporté des éléments de réponse. Concernant la gestion des finances, il a rappelé la nomination, pour ce mandat, d'un adjoint dédié aux finances et aux ressources humaines, Michel Sargeac, chargé spécifiquement de travailler sur l'optimisation des charges de personnel.
Sur la question sensible du poste dans la police municipale, le maire n'a pas éludé le sujet : « La question du poste administratif, c'est quelque chose que nous allons examiner au cours du mandat », a-t-il assuré, laissant entrevoir une possible évolution.
Le débat est clos pour l'instant, mais l'ultime décision reviendra aux conseillers municipaux. Le budget définitif sera soumis au vote lors de la séance du conseil municipal prévue le 27 avril prochain. Ce scrutin déterminera si la trajectoire financière tracée par la majorité, prudente mais confrontée à de lourds investissements futurs, recueille l'assentiment de l'assemblée.



