Le député LFI Sébastien Delogu entendu par la gendarmerie après des soupçons de liens avec un dealer
Sébastien Delogu entendu par la gendarmerie sur des soupçons de liens avec un dealer

Le député insoumis Sébastien Delogu entendu par la gendarmerie à Aix-en-Provence

Le député La France insoumise Sébastien Delogu, également candidat aux élections municipales de Marseille, a été entendu en audition libre ce dimanche après-midi par la gendarmerie à Aix-en-Provence. Cette audition fait suite à des informations faisant état d'échanges présumés avec un individu impliqué dans le trafic de stupéfiants.

Une audition de « trois quarts d'heure » à la demande du député

L'audition, qui a duré exactement « trois quarts d'heure » selon les déclarations de son avocat, s'est déroulée à la demande expresse de Sébastien Delogu lui-même. Le député avait préalablement annoncé son intention de se rendre aux services de gendarmerie pour répondre aux enquêteurs et mettre un terme à ce qu'il qualifie de « calomnie ».

Yonès Taguelmint, l'avocat du député, a fermement démenti toute implication de son client dans des activités illicites. « Il n'y a aucun lien de quelque manière que ce soit entre Sébastien Delogu et le trafic de stupéfiants », a-t-il déclaré à l'issue de l'audition, s'exprimant auprès de BFM Marseille Provence.

Des contacts professionnels présentés comme preuves

L'avocat a expliqué avoir fourni aux enquêteurs plusieurs éléments de preuve destinés à clarifier la situation. Parmi ceux-ci figurent :

  • Des justificatifs et factures d'achats
  • Des bons de livraison attestant de transactions commerciales
  • L'accès au téléphone portable et aux applications du député

Selon les explications fournies, Sébastien Delogu aurait été en contact avec un livreur dans le cadre de la réception de meubles, sans avoir connaissance des activités parallèles de cet individu. « Il s'avère que la personne qui travaillait pour la société de livraison a, elle, été condamnée pour trafic de stupéfiants dans une procédure dans laquelle nous ne sommes évidemment pas impliqués », a précisé Me Taguelmint.

L'avocat a insisté sur le fait que son client « ne savait pas du tout que cette personne faisait autre chose en dehors de son activité professionnelle ».

Une affaire révélée par Le Canard enchaîné à quelques semaines des municipales

Cette audition intervient dans un contexte électoral particulièrement tendu, à quelques semaines seulement des élections municipales des 15 et 22 mars 2026 à Marseille. Les premières informations concernant cette affaire ont été publiées par Le Canard enchaîné, évoquant une enquête ouverte à Aix-en-Provence dès le mois de janvier et le démantèlement d'un point de deal.

Selon le journal satirique, deux hommes auraient été arrêtés dans le cadre de cette affaire, et l'un d'eux aurait entretenu des échanges réguliers avec le député insoumis concernant « la livraison de colis ».

Réactions politiques dans une campagne marseillaise mouvementée

La campagne municipale marseillaise, déjà émaillée de polémiques quasi-hebdomadaires et de passes d'armes entre les différents candidats, a été immédiatement impactée par ces révélations. Le Printemps Marseillais, coalition de partis de gauche et des Écologistes emmenée par le maire sortant Benoît Payan, a rapidement réagi en exigeant des explications de la part de Sébastien Delogu.

Sur son compte X, l'alliance a martelé : « Aucune forme de lien ne peut exister avec les narcotrafiquants », manifestant ainsi sa fermeté sur ce sujet sensible.

L'équipe de campagne de Sébastien Delogu a quant à elle dénoncé « une polémique infamante de l'extrême droite » visant selon elle à discréditer le candidat insoumis. Dans un communiqué, ses soutiens ont affirmé que « cette calomnie, montée en épingle à partir d'un article du Canard enchaîné, vise à associer le nom de notre candidat au narcobanditisme », ajoutant que cette manœuvre cherchait à jeter le discrédit sur son engagement de longue date contre la criminalité organisée.

Cette affaire illustre une fois de plus l'intensité des rivalités politiques à Marseille, où chaque révélation peut potentiellement influencer le cours d'une campagne électorale particulièrement disputée. Les électeurs marseillais devront attendre les résultats des 15 et 22 mars 2026 pour connaître l'issue de ce scrutin déjà marqué par de multiples controverses.