L'Assemblée nationale a rejeté, lundi 6 juillet, la motion de censure déposée par le groupe écologiste contre le gouvernement de François Bayrou, accusé d'inaction en matière de lutte contre le changement climatique. Seuls 104 députés ont voté en faveur de la motion, très loin des 289 voix nécessaires pour renverser l'exécutif. Les groupes socialiste, insoumis et communiste ont apporté leur soutien, mais la majorité présidentielle et la droite ont voté contre.
Une motion pour dénoncer le manque d'ambition climatique
Déposée le 30 juin, la motion de censure visait à sanctionner le gouvernement pour son "inaction climatique" et son "refus de prendre des mesures à la hauteur de l'urgence". Les écologistes, menés par leur présidente de groupe Marine Tondelier, ont dénoncé le manque d'ambition du plan de transition écologique présenté par le ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu. "Le gouvernement continue de favoriser les intérêts économiques à court terme au détriment de la planète et des générations futures", a-t-elle déclaré dans l'hémicycle.
Des critiques sur le budget carbone et les énergies renouvelables
Les écologistes ont notamment pointé du doigt le projet de loi de finances pour 2027, qui prévoit une baisse des crédits alloués à la rénovation énergétique des bâtiments et au développement des énergies renouvelables. Selon eux, le gouvernement n'a pas respecté les engagements de la France en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre. "Nous sommes en retard sur nos objectifs climatiques, et le gouvernement refuse de prendre les mesures structurelles nécessaires", a dénoncé le député écologiste Jérémie Iordanoff.
Une motion sans surprise rejetée par la majorité
Comme attendu, la motion n'a pas recueilli les suffrages nécessaires. Le groupe Renaissance et ses alliés ont voté contre, tandis que Les Républicains ont également rejeté le texte. Le ministre des Relations avec le Parlement, Franck Riester, a qualifié la motion de "coup politique" et a défendu le bilan du gouvernement, rappelant que la France s'est engagée à atteindre la neutralité carbone en 2050 et que des mesures concrètes ont été prises, comme le plan d'investissement France 2030.
Une opposition divisée sur la stratégie climatique
Si les groupes de gauche ont soutenu la motion, ils restent divisés sur la stratégie à adopter face au gouvernement. Les socialistes ont appelé à une "union des forces écologistes et sociales", tandis que La France insoumise a critiqué le manque de radicalité des écologistes. "Cette motion est un signal, mais il faut aller plus loin et organiser une véritable mobilisation citoyenne", a estimé le député insoumis Antoine Léaument.
L'urgence climatique toujours au cœur des débats
Ce rejet n'empêche pas les écologistes de poursuivre leur combat. Marine Tondelier a annoncé de nouvelles initiatives parlementaires, notamment une proposition de loi visant à inscrire la protection du climat dans la Constitution. "Nous ne lâcherons rien face à l'inaction climatique", a-t-elle promis. La question climatique devrait rester un sujet central dans les débats politiques à l'approche des élections européennes de 2029.



