Municipales 2026 à Montpellier : la gratuité, arme politique des candidats face aux défis sociaux
Montpellier 2026 : la gratuité au cœur des municipales

Municipales 2026 à Montpellier : la gratuité, enjeu clé des candidats

La question du tout-gratuit s'impose avec force au cœur du débat politique à Montpellier, à l'approche des élections municipales de 2026. Transports publics, médiathèques, cantines scolaires, repas étudiants : ces services gratuits divisent les candidats, mêlant visions sociales, stratégies électorales et impératifs financiers.

Une stratégie éprouvée par le maire sortant

Michaël Delafosse, maire socialiste de Montpellier, avait marqué les esprits en 2020 en promettant la gratuité des transports publics pour tous les habitants de la métropole, une mesure effective depuis décembre 2023. Près de six ans plus tard, il mise à nouveau sur la gratuité, cette fois pour l'accès aux quinze médiathèques du territoire, présentée comme plus soutenable financièrement. Cette annonce s'inscrit dans la continuité de sa ligne politique, bien qu'elle suscite des critiques acerbes.

Jean-Louis Roumégas dénonce une initiative qu'il qualifie de foutage de gueule, pointant des baisses de subventions aux médiathèques d'un million d'euros, la suppression de services comme la VOD, et des réductions dans l'achat d'ouvrages. Il estime que cette gratuité coûte cent mille euros et ne bénéficie qu'à une minorité.

Des propositions divergentes sur la gratuité ciblée

Les candidats rivalisent d'idées pour définir les priorités en matière de gratuité. Le candidat écologiste défend une cantine scolaire entièrement gratuite, une mesure chiffrée à 3,5 millions d'euros par an, qui toucherait treize mille enfants, soit 85 % des élèves. Il avance qu'une famille avec deux enfants économiserait environ deux cents euros par mois, et promet une restauration exclusivement bio ou locale, sans plastique.

Isabelle Perrin, quant à elle, prône une gratuité intelligente, réservée aux enfants, étudiants et retraités, avec des abonnements à coefficients sociaux pour les autres. Elle critique une campagne all-inclusive qui, selon elle, fait comme si l'argent tombait du ciel, et préfère des bibliothèques payantes pour ceux qui le peuvent, afin d'en développer davantage dans les quartiers.

Élargir la gratuité face à l'urgence sociale

Nathalie Oziol, candidate de La France Insoumise, défend une gratuité élargie des biens communs, incluant transports, cantines, médiathèques, et même la distribution de petits-déjeuners. Elle justifie cette approche par l'urgence sociale, évoquant des familles incapables de nourrir correctement leurs enfants et des étudiants contraints de recourir à l'aide alimentaire. Quand on est étudiant, si on ne peut pas se nourrir, on n'étudie pas, rappelle-t-elle, insistant sur la nécessité de mesures pour permettre une vie digne.

Le financement, pierre d'achoppement du débat

Mohed Altrad reconnaît la gratuité des transports comme un acquis social et juge acceptables celles des médiathèques et cantines, mais il en questionne fermement le financement. Il souligne que les finances de la métropole sont dans le rouge et que le système est intenable sans nouvelles recettes. Pour lui, la clé réside dans l'emploi et l'économie : il propose de créer trente mille emplois pour quasiment doubler les recettes du versement mobilité, sécurisant ainsi les politiques de gratuité.

Un précédent historique instructif

L'histoire rappelle que la gratuité des transports n'a pas toujours été un gage de succès. En 2008, Jacques Domergue, candidat de l'UMP, avait fait de cette mesure un thème de campagne, une proposition inhabituelle pour la droite. Raillée par ses opposants, elle s'est retournée contre lui : bien qu'atteignant le second tour avec 26,13 % des voix, il s'est incliné avec 29,50 %, loin derrière la maire sortante Hélène Mandroux à 51,88 %.

Alors que les municipales 2026 approchent, la gratuité reste un sujet brûlant à Montpellier. Les électeurs devront trancher entre un projet de société ambitieux et des promesses perçues comme trop coûteuses, dans un contexte de tensions budgétaires et de besoins sociaux croissants.