L'île bretonne de Molène, dans le Finistère, a enfin un maire après deux mois de vacance. Depuis le mois de mars, faute de candidat, une délégation spéciale de trois membres nommée par le préfet expédiait les affaires courantes. Dimanche, les électeurs ont élu Bruno Corolleur et sa liste "Molène en vaut la peine", seule en lice, avec 100 % des suffrages. Sur cette île de 176 habitants, 70 % des électeurs se sont déplacés.
Un nouveau conseil municipal
Parmi les élus, on retrouve un nom connu de la politique bretonne : François Cuillandre, ancien maire de Brest battu en mars, est devenu conseiller municipal. Sa famille est originaire de l'île de 0,7 km², où il possède une résidence secondaire.
Pourquoi personne ne s'est présenté en mars ?
L'absence de liste en mars s'explique par la fin du panachage pour les communes de moins de 1 000 habitants lors des élections municipales de 2026. "Le fait de devoir monter une liste a freiné les candidatures, ce n'est pas dans les habitudes électorales de Molène", explique Agathe Seïté, résidente secondaire qui a tenté de mobiliser.
Le privilège fiscal de Molène
En l'absence de liste, l'île risquait d'être rattachée à une commune du continent, ce qui aurait fait perdre un privilège datant de Louis XIV. Molène et l'île de Sein sont les seules communes françaises exemptées de cadastre et d'impôts locaux. Ce privilège, accordé par le Royaume de France, récompensait les habitants pour leur dévouement à guider les bateaux dans la tempête. Sans taxe foncière ni taxe d'habitation, même pour les résidences secondaires (70 % des logements), ces îles dépendent des subventions de l'État.



