Sarah Knafo tend la main à la droite pour les municipales parisiennes
À quelques semaines des élections municipales, Sarah Knafo, candidate Reconquête ! à la mairie de Paris, a commencé à dévoiler sa stratégie politique. Sur BFMTV, ce dimanche 8 février, elle a assuré que si elle arrivait en tête au premier tour, elle « tendra[it] la main à toute la droite » pour former une coalition au Conseil de Paris.
Un appel à l'unité pour gouverner ensemble
« Si nous sommes sincères lorsque nous disons que nous voulons plus de sécurité pour les Parisiens, moins de gabegie, une protection de l’argent public, si nous sommes tous sincères, au nom de quoi demain ne gouvernerions-nous pas ensemble au Conseil de Paris ? », a-t-elle interrogé. Cette question rhétorique s'adressait directement à ses principaux concurrents de droite : Rachida Dati des Républicains, Thierry Marzani du Rassemblement national et Pierre-Yves Bournazel d'Horizons-Renaissance.
Des sondages qui prédisent une victoire improbable
Si la cheffe de file zemmouriste affiche sa confiance, les études d'opinion dressent un tableau moins optimiste. Dans une enquête réalisée par Cluster 17 pour Politico, Sarah Knafo est créditée de seulement 10 % d’intentions de vote au premier tour, soit le seuil minimal pour se qualifier au second tour – une performance néanmoins historique pour la candidate d’extrême droite.
Jean-Yves Dormagen, président de Cluster 17, analyse : « Sarah Knafo récupère un tiers des électeurs qui ont voté Rassemblement national aux européennes et un quart de ceux qui ont voté Les Républicains. » Cependant, elle reste distancée par ses adversaires : Emmanuel Grégoire de l'Union de la gauche hors LFI séduirait 33 % des votants, devant Rachida Dati (26 %), Pierre-Yves Bournazel (14 %) et Sophia Chikirou de LFI (12 %).
Une proposition d'alliance qui divise la droite
L'idée d'un grand rassemblement à droite ne fait pas l'unanimité. La semaine dernière, Rachida Dati s'est montrée réservée quant à une potentielle alliance avec la compagne d'Éric Zemmour. Invitée du Grand Jury RTL, la ministre de la Culture a rappelé que ce dernier avait « appelé à [sa] démission » en 2016 à cause du prénom de sa fille Zohra, déclarant : « Ce n’est pas mes valeurs. »
Sarah Knafo a répliqué vivement : « Je ne ferai jamais perdre la droite. Je suis là pour faire gagner la droite. » S'adressant indirectement à Rachida Dati, elle a ajouté : « On peut se sentir blessée de quelque chose, on peut se sentir en colère, je trouve que néanmoins, c’est un tort aujourd’hui de venir reparler de vieux propos alors qu’on a une chance historique de récupérer la mairie. »
L'appel à une « union sacrée » malgré les divergences
« On a besoin d’une union sacrée », insiste Sarah Knafo, appelant ses adversaires à être « aussi responsables » qu'elle et à mettre de côté leurs « petites blessures ». Elle a confié : « Moi aussi, il y a des choses qui me blessent : quand on dit que je suis d’extrême droite, par exemple, ce que dit [Pierre-Yves] Bournazel, vous ne croyez pas que ça me blesse ? Je le prends comme une insulte. »
Pourtant, le Conseil d’État classe officiellement le parti Reconquête ! à l’extrême droite. À Bruxelles, Sarah Knafo siège au sein du groupe « Europe des nations souveraines », qui compte notamment les eurodéputés allemands de l'AfD. De même, elle n'hésite pas à citer Javier Milei, le président argentin ultra-radical et proche de Donald Trump, comme référence politique.
Cette proposition d'alliance, lancée à quelques semaines du scrutin, illustre les tensions et les calculs stratégiques qui animent la campagne municipale parisienne, où la droite cherche à reprendre le pouvoir après des années de domination de la gauche.