Claude Arnaud, ancien maire de Lunel, renonce à se représenter aux Municipales 2026
Dans une interview exclusive accordée à Midi Libre, Claude Arnaud, maire de Lunel de mars 2001 à juin 2020, a annoncé qu'il ne se présenterait pas aux élections municipales de 2026. Après une longue réflexion, il a décidé de ne pas revenir sur la scène politique, évoquant son âge et l'incertitude du succès.
Un retrait après vingt ans de mandat
Claude Arnaud a expliqué que, bien que sollicité par de nombreux habitants, il estime avoir suffisamment donné à la ville. « J'ai été maire pendant presque 20 ans. J'ai découvert la fonction et ça m'a passionné », a-t-il déclaré. Il a souligné les réalisations de son mandat, notamment la structuration de Lunel avec des projets comme l'hôpital, les services de santé et la police, préparant la ville pour le XXIe siècle.
Concernant son soutien éventuel à un candidat, Arnaud reste prudent. « Je suis toujours en observation et je ne veux pas dire ce que je ferai, parce que je peux entraîner des tas de voix, c'est une responsabilité ». Il précise qu'il se déterminera après le premier tour, tout en excluant de voter pour ceux qui l'ont trahi.
Un paysage politique fragmenté
L'ancien maire analyse un paysage politique local éclaté, où les partis traditionnels comme LR et PS ont disparu. Il observe quatre listes sans étiquette, cherchant à ratisser large. « Je pense qu'au soir du premier tour, les alliances se feront entre elles », a-t-il prédit, tout en émettant des réserves sur la stabilité de ces unions.
Il critique particulièrement les anciens alliés, Paulette Gougeon et Stéphane Dalle, qu'il accuse de trahison et de divisions. « Ils m'ont trahi et aujourd'hui, ils se déchirent. Je trouve ça lamentable », a-t-il affirmé, déplorant la perte de la présidence de l'Agglo par la ville, un point qu'il juge préjudiciable pour l'avenir.
Un bilan négatif de la majorité sortante
Claude Arnaud dresse un bilan sévère de l'équipe municipale sortante, dirigée par Soujol-Gougeon. Il relève trois constats principaux : l'inauguration de projets qu'il avait lancés, comme le pôle d'échange multimodal, la perte de la présidence de l'Agglo, et le non-respect de promesses électorales, telles que le cinéma place de la République ou la forêt urbaine.
« Tout le bilan est négatif, il reste les flonflons, c'est festif », a-t-il ironisé. Il regrette également l'absence de projets d'ampleur et de vision à long terme pour la ville.
Les défis futurs pour Lunel
L'ancien édile identifie plusieurs axes stratégiques cruciaux pour l'avenir de Lunel. Il insiste sur la nécessité d'attirer une jeunesse qualifiée, de renforcer la résilience face au changement climatique, et de consolider le rôle de la ville centre dans l'Agglo. Il évoque aussi des aménagements urbains, comme l'avenue Maréchal de Lattre de Tassigny, pour soutenir le développement économique.
Sur le projet de nouvelle gendarmerie, Arnaud explique les complexités rencontrées, notant que le déblocage actuel repose sur un subterfuge financier qui pourrait coûter cher à la ville à long terme.
Un vœu pour l'avenir
En conclusion, Claude Arnaud rappelle l'importance du mandat de maire, qu'il décrit comme un « pouvoir de faire ». Il souhaite que Lunel ait un maire qui « aime plus les Lunellois et la ville qu'il ne s'aime lui-même ». Il annonce qu'il s'exprimera entre les deux tours, sans révéler ses préférences pour l'instant, mais en restant un observateur engagé de la campagne.