La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a pris ses distances avec les déclarations de Gérald Darmanin après le meurtre de la jeune Lyhanna, dont le corps a été retrouvé le 4 juin dans le Gers. L’ancienne avocate plaide pour une « loi intégrale » et dénonce un manque de moyens chroniques au sein de la justice française.
Un désaccord franc avec le ministre de la Justice
« Je suis totalement en désaccord », a affirmé Yaël Braun-Pivet, en réponse aux propos du ministre de la Justice qui soutient depuis plusieurs jours que le drame ne résulte ni d’un problème de moyens ni d’un problème de loi, rapporte Le Parisien. Mardi, lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, Gérald Darmanin avait assuré que, dans le cas de Lyhanna, « nous n’avions pas besoin de nouvelles lois, nous n’avions pas besoin de davantage de moyens ».
Des efforts jugés insuffisants
Si elle reconnaît les efforts engagés ces dernières années, Yaël Braun-Pivet estime qu’ils restent insuffisants face à l’augmentation des signalements et des plaintes. « Le budget de la justice a augmenté ces dix dernières années de plus de 50 %. On a 1 500 magistrats qui sont en train d’être formés pour renforcer nos tribunaux. Mais ça ne suffit pas », a-t-elle déclaré. Selon elle, la France paie aujourd’hui plusieurs années de sous-investissement dans la justice et les forces de l’ordre, alors même que les services sont confrontés à une hausse constante des procédures à traiter.
L’affaire Lyhanna relance le débat
L’affaire Lyhanna a mis en lumière le parcours judiciaire du principal suspect, Jérôme Barella. Avant la disparition de la fillette de 11 ans, l’homme avait déjà fait l’objet de plusieurs signalements et plaintes, notamment pour des faits présumés de violences sexuelles sur mineur. Ces éléments ont alimenté les interrogations sur le traitement des alertes adressées à la justice et aux autorités.
Vers une nouvelle loi ?
Face à cette situation, Yaël Braun-Pivet plaide pour une réponse législative plus large. En début de semaine, elle a demandé l’inscription à l’ordre du jour du Parlement d’une « loi intégrale » consacrée aux violences sexistes et sexuelles. Selon la présidente de l’Assemblée nationale, ce texte devrait permettre d’agir à plusieurs niveaux : justice, sécurité, protection des victimes, monde associatif, sport ou encore éducation.
Une position qui la place également en décalage avec Emmanuel Macron. Le chef de l’État avait estimé, au début de l’affaire, qu’il s’agissait avant tout d’un « dysfonctionnement » et qu’il ne souhaitait « entendre aucun argument de moyens » pour expliquer ce drame.



