Un appel historique pour la proportionnelle avant la présidentielle de 2027
À l'Assemblée nationale, à Paris, le 23 janvier 2026, une soixantaine de personnalités politiques, d'historiens et de politologues ont lancé un plaidoyer vibrant pour l'instauration de la proportionnelle aux élections législatives avant la présidentielle de 2027. Dans un texte publié par La Tribune le dimanche 8 février, ils décrivent cette réforme comme « un nouveau souffle démocratique pour la France », visant à revitaliser le système politique français.
Les initiateurs et signataires de la tribune
Cette tribune a été initiée par les députés Erwan Balanant (MoDem, Finistère), Guillaume Gouffier Valente (Renaissance, Val-de-Marne), Jérémie Iordanoff (Ecologistes, Isère) et Marie Récalde (Parti socialiste, Gironde). Parmi les signataires figurent des figures politiques de premier plan, notamment :
- L'ancien président François Hollande
- Les anciens premiers ministres Elisabeth Borne et Bernard Cazeneuve
- Marc Fesneau, président du groupe Les Démocrates à l'Assemblée
- Les dirigeants des Ecologistes : Marine Tondelier (secrétaire nationale), Cyrielle Chatelain (présidente du groupe à l'Assemblée nationale) et Guillaume Gontard (président du groupe au Sénat)
- Raphaël Glucksmann, président de Place publique
- Les présidents des groupes socialistes, Boris Vallaud et Patrick Kanner
- Florent Boudié (Renaissance), président de la commission des lois de l'Assemblée
Des intellectuels renommés ont également apporté leur soutien, tels que les politologues Loïc Blondiaux, Antoine Bristielle, Bastien François, Emiliano Grossman, Isabelle Guinaudeau, Rémi Lefebvre et Frédéric Sawicki, le constitutionnaliste Benjamin Morel, la sociologue Dominique Méda, l'historien Christophe Prochasson et Thierry Pech, directeur du groupe de réflexion Terra Nova.
Les arguments en faveur de la proportionnelle
Les signataires critiquent vivement le maintien du scrutin majoritaire, affirmant que « les contraintes institutionnelles imposées par ce système ralentissent voire bloquent souvent cette recherche indispensable de solutions susceptibles de rassembler des majorités ». Ils soulignent que cet état de fait contribue à dégrader l'image de la démocratie et alimente la tentation d'un pouvoir fort, tout en favorisant la montée de l'extrême droite.
Dans leur argumentation, ils mettent en garde contre le risque que l'extrême droite profite de l'effet « winner takes all » (le gagnant prend tout) associé au scrutin majoritaire. Ils expliquent que ce parti pourrait obtenir une majorité absolue à l'Assemblée nationale avec seulement un tiers des voix, transformant potentiellement la démocratie française en un régime autoritaire, à l'image des menaces observées aux États-Unis sous Donald Trump.
Les perspectives de mise en œuvre
Selon les signataires, l'instauration de la proportionnelle pourrait se réaliser rapidement, car de nombreuses forces politiques représentées à l'Assemblée nationale y sont favorables. Ils rappellent que des députés issus de groupes politiques différents ont déposé ensemble une proposition de loi en ce sens en octobre, et qu'un projet similaire sera bientôt présenté au Sénat. Ils insistent sur la nécessité de soumettre cette réforme au Parlement le plus rapidement possible pour assurer son adoption avant les échéances électorales de 2027.
Cette initiative s'inscrit dans un débat plus large sur la modernisation des institutions françaises, visant à renforcer la représentativité et la légitimité démocratique dans un contexte politique de plus en plus fragmenté.