L'économiste Timothée Parrique, 37 ans, s'impose comme une figure de proue du débat sur la décroissance dans le monde francophone. Né en 1989 à Versailles, il a consacré sa thèse à la densité intellectuelle de ce concept, défiant le discours dominant sur le découplage entre croissance du PIB et émissions de gaz à effet de serre.
Un parcours atypique
Parrique a étudié l'économie du développement, un domaine où la décroissance est souvent perçue comme une hérésie. « Étudier la décroissance dans un département d'économie du développement, c'est comme étudier la pyromanie dans une caserne de pompiers », confie-t-il. Cette expérience a forgé sa conviction que le progrès technologique ne suffira pas à résoudre la crise écologique.
La thèse du découplage remise en question
D'un côté, une coalition d'économistes libéraux et d'entrepreneurs croit au découplage, c'est-à-dire à la possibilité de séparer la croissance économique de ses impacts environnementaux. De l'autre, des décroissants comme Parrique jugent cette idée illusoire. Pour lui, il est impossible de brasser toujours plus de matière et d'énergie tout en respectant les limites planétaires.
Un activiste de la post-croissance
Multipliant les conférences et les rencontres, Timothée Parrique s'illustre aux avant-postes du débat sur l'avenir de nos sociétés. Il prône une « post-croissance » où le bien-être ne dépend plus de la fuite en avant économique. Son message : vivre bien en abandonnant l'obsession du PIB.
Ce portrait fait partie de la série « Les 50 qui vont faire demain », qui met en lumière des personnalités engagées pour un avenir durable.



