Le militant belge Julien Cabral, âgé de 57 ans, a dénoncé les mauvais traitements infligés par les forces israéliennes lors de l'interception de la flottille pour Gaza. Lundi, le petit voilier sur lequel il se trouvait, parti de Turquie avec sept personnes à bord, a été intercepté dans les eaux internationales, à plus de 500 km des côtes israéliennes. Arrivé jeudi à l'aéroport d'Istanbul, où la Turquie a évacué 422 personnes par vols spéciaux, il a témoigné des violences subies.
Un récit de violences
Julien Cabral présente un œil cerclé de violet, une plaie à la tempe gauche et montre son omoplate blessée. Selon lui, les forces israéliennes ont d'abord brouillé les communications, puis sont montées à bord en pleine journée, armées de fusils, et ont tiré des balles en plastique. « Ils ont tiré seulement pour s'amuser », affirme-t-il. Il ajoute : « On a su qu'on était le douzième navire intercepté. On a été surpris, il y avait des corvettes partout autour de nous. Ils sont intervenus avec beaucoup de violence alors qu'on avait tous les mains en l'air. »
Des sévices physiques et psychologiques
Le militant raconte avoir reçu un coup de poing sur la tempe gauche, tandis que le capitaine italien était directement visé. « Puis ils nous ont transférés, toujours avec violence, les mains serrées par des colliers en plastique sur ce navire prison, dans des conteneurs. Je les ai entendus dire, en anglais, let's have some fun (amusons-nous) », poursuit-il. Pendant trois jours, ils ont demandé en vain à voir un médecin. Les forces israéliennes ont confisqué les médicaments d'une personne épileptique. « À bord du bateau le Sirius, sept personnes à elles seules totalisent 35 fractures », affirme-t-il en montrant ses côtes et ses bras.
Des conditions de détention dégradantes
À bord, les militaires ont lancé des cartons de pain et d'eau, mais en quantité insuffisante. « On devait être 200… On a demandé davantage d'eau, du papier-toilette, des tampons pour les femmes, il fallait tout réclamer », déplore-t-il. Débarqués mercredi et emmenés en fourgons cellulaires près d'Ashdod, ils ont été jetés en cellule, les menottes trop serrées, pliés en deux pendant des heures. « Et ça continuait à donner des claques, à insulter… Des gens riaient avec eux, jouaient l'hymne israélien. Ils étaient particulièrement durs avec les Jordaniens, les Tunisiens », détaille-t-il. Jeudi matin, transférés à l'aéroport de Ramon, ils ont encore subi des insultes.
La détermination des militants
Malgré ces épreuves, Julien Cabral compte repartir avec la prochaine flottille. « Sûr et certain. On va continuer », jure-t-il. Bilal Kitay, un Turc ayant participé à sa deuxième mission, confirme que cette interception était « beaucoup, beaucoup plus violente que la précédente », en avril. « Ils nous ont attaqués, chacun de nous a été battu, les femmes comme les hommes, beaucoup hurlaient. Mais vraiment, ça n'a aucune importance. C'est ce que vivent en permanence les Palestiniens », affirme-t-il. « Malheureusement, ils traitent mieux leurs animaux. Eux seuls se considèrent comme des humains », martèle-t-il, avec la ferme intention de repartir par le prochain convoi.



