Eric Lombard relance la taxe sur les grandes fortunes
Le ministre de l'Économie, Eric Lombard, a relancé ce mardi son projet de taxe exceptionnelle sur les grandes fortunes, avec un objectif de rendement de 2 milliards d'euros. Cette mesure, qui avait été évoquée en début d'année, vise à financer des investissements dans la transition écologique et à réduire le déficit public.
Un impôt ciblé sur les plus hauts patrimoines
Selon les informations du ministère, cette taxe concernerait environ 10 000 foyers fiscaux disposant d'un patrimoine net supérieur à 10 millions d'euros. Le taux serait progressif, allant de 0,5 % à 1,5 % pour les patrimoines les plus élevés. Le gouvernement espère ainsi collecter 2 milliards d'euros par an, une somme qui serait intégralement affectée au Fonds pour la transition écologique.
Eric Lombard a précisé que cette taxe serait temporaire, d'une durée de trois ans, et qu'elle s'inscrirait dans le cadre de la loi de finances pour 2027. « Il s'agit d'une mesure de justice fiscale et de responsabilité environnementale », a déclaré le ministre lors d'une conférence de presse.
Des réactions contrastées
Ce projet suscite des réactions mitigées au sein de la majorité et de l'opposition. À gauche, on salue une avancée significative, même si certains jugent l'effort insuffisant. « C'est un pas dans la bonne direction, mais il faut aller plus loin en rétablissant l'ISF », a commenté le député écologiste Julien Bayou. À droite, on dénonce une mesure punitive qui risquerait de provoquer l'exil fiscal des plus riches. Le président du groupe Les Républicains à l'Assemblée, Olivier Marleix, a qualifié cette taxe de « matraquage fiscal » et promis de s'opposer au texte.
Du côté du patronat, le Medef a exprimé ses réserves, estimant que cette taxe pourrait nuire à l'attractivité économique de la France. « Nous comprenons la nécessité de financer la transition écologique, mais cette taxe est mal ciblée et risque de pénaliser l'investissement », a déclaré son président, Patrick Martin.
Un débat qui s'annonce houleux au Parlement
Le projet de loi de finances pour 2027 sera examiné en Conseil des ministres à la fin du mois, avant d'être soumis au Parlement à l'automne. Le gouvernement devra composer avec une majorité relative à l'Assemblée nationale, ce qui promet des débats animés. Eric Lombard a toutefois assuré qu'il était prêt à discuter et à amender le texte pour obtenir un consensus. « L'objectif est d'avoir un texte juste et efficace, qui permette de financer les investissements nécessaires pour notre avenir », a-t-il conclu.



