Le procès de trois policiers de la BRAV-M pour violences
Ce mercredi, le tribunal correctionnel de Paris examine le cas de trois fonctionnaires de la Brigade de répression des actions violentes motorisées (BRAV-M), accusés de violences volontaires commises lors d’une interpellation le 1er mai 2023. La victime, un homme de 28 ans, a livré un témoignage poignant, décrivant une agression qu’il dit avoir vécue dans la terreur.
Des faits contestés
Les policiers, âgés de 30 à 40 ans, sont poursuivis pour avoir frappé un manifestant présumé lors des rassemblements du 1er mai. Selon la version de l’accusation, ils auraient porté des coups de poing et de pied à la tête et au corps de l’homme, alors qu’il était déjà au sol et maîtrisé. Les avocats de la défense, eux, plaident la légitime défense et estiment que leurs clients ont agi dans le cadre de leur mission, face à un individu menaçant.
Un témoignage accablant
À la barre, la victime a raconté son calvaire : « Je pensais qu’ils allaient continuer à me frapper, j’étais terrorisé. » Il a expliqué avoir été interpellé après avoir participé à une manifestation non déclarée. Selon lui, les policiers l’ont immédiatement plaqué au sol et ont commencé à le frapper sans sommation. « Ils m’ont donné des coups de poing au visage, des coups de pied dans les côtes. J’ai cru que j’allais mourir », a-t-il ajouté, la voix tremblante. Des photos de ses blessures, présentées au tribunal, montrent des hématomes et des gonflements importants.
Un contexte tendu
Ce procès intervient dans un climat de défiance envers les forces de l’ordre, notamment la BRAV-M, régulièrement accusée de violences disproportionnées. Les organisations de défense des droits humains, comme la Ligue des droits de l’homme, suivent l’affaire de près. De leur côté, les syndicats de police dénoncent une « judiciarisation excessive » du travail des agents et appellent à la présomption d’innocence.
Les débats se poursuivent
Le tribunal a entendu les témoins de la défense, qui affirment que la victime était agressive et qu’elle a résisté à son interpellation. Un expert médical a également été auditionné pour évaluer la compatibilité des blessures avec les versions des faits. Le jugement a été mis en délibéré au 15 juin prochain. En attendant, les trois policiers restent en fonction, mais sous le coup d’une éventuelle suspension en cas de condamnation.



