Rachat de SFR : l'Autorité de la concurrence tempère les ardeurs
Rachat de SFR : l'Autorité de la concurrence tempère

Le président de l'Autorité de la concurrence met en garde

Le rachat de l'opérateur SFR par un consortium formé de Bouygues Telecom, Iliad (Free) et Orange ne va pas de soi, a estimé mercredi Benoît Cœuré, président de l'Autorité de la concurrence, dans une interview accordée au journal Le Monde. Interrogé sur cette opération estimée à plus de 20 milliards d'euros, il a souligné qu'il s'agit d'un rapprochement sur un marché déjà très concentré. Toutefois, il a nuancé ses propos en indiquant que si l'autorité avait déjà conclu que le passage de quatre à trois opérateurs sur le marché français était nécessairement anticoncurrentiel, elle l'aurait dit.

Un protocole d'accord signé après des mois de négociations

Après plusieurs mois de discussions, le consortium composé de Bouygues Telecom, Iliad et Orange est parvenu samedi à un protocole d'accord avec Altice France, la maison mère de SFR, en vue de l'acquisition de ce dernier. Les trois acheteurs prévoient de débourser au moins 20,35 milliards d'euros pour se partager les activités de leur cible, selon des parts inégales. La transaction doit encore recevoir l'approbation des autorités de la concurrence. Il n'a pas encore été décidé si l'autorité compétente sera l'Autorité française ou la Commission européenne.

Aucun détail sur le projet à ce stade

Chaque opérateur doit, dans un premier temps, soumettre une prénotification détaillant l'opération auprès de l'autorité dont il dépend. Bouygues Telecom et Orange devront se référer à l'autorité française, tandis qu'Iliad devra déposer le dossier à Bruxelles en raison du poids de ses activités en dehors de la France. Nous n'avons encore rien reçu et n'avons, à date, aucun détail sur ce projet, a déclaré Benoît Cœuré. Les groupes concernés ont déjà exprimé leur préférence pour un traitement en France.

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Risque de hausse des tarifs

Dans son interview, Benoît Cœuré a également évoqué un questionnement naturel sur le risque de hausse des tarifs dans le secteur si l'opération aboutit. Il a rappelé qu'en 2005, les trois opérateurs mobiles alors présents sur le marché français, à savoir Orange, SFR et Bouygues Telecom, avaient été condamnés pour entente illicite. Cette affaire historique souligne les préoccupations persistantes concernant la concurrence dans le secteur des télécommunications.

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