Jean-Pierre Pernaut quittera la présentation du journal de 13 heures de TF1 à la fin de l'année. Dans un entretien accordé à Midi Libre, il revient sur cette décision, les réactions suscitées et ses projets futurs.
Un départ mûrement réfléchi
Le journaliste de 70 ans explique avoir pris sa décision pendant le confinement. « Je me suis dit qu'il fallait peut-être que je commence à penser à sortir du journal de 13 Heures. Au mois de juin, je savais que j'allais partir. Je l'ai confirmé au mois d'août. » Il justifie ce choix par la nécessité d'être à 100 % de sa forme pour un tel rendez-vous quotidien. « Quand on a 70 ans, on se dit qu'à un moment on va peut-être baisser un peu, qu'on aura peut-être moins la pêche. Donc autant arrêter quand on est encore comme je le suis aujourd'hui à 100 % de sa forme, que les audiences sont au beau fixe et qu'on est premier d'un sondage des personnalités de la télé. »
Des réactions inattendues
Jean-Pierre Pernaut a été « très touché » par la vague d'hommages sur les réseaux sociaux. « Je ne m'attendais pas à ce que cela soit à ce point-là, confie-t-il. Je reste moi-même depuis trente ans, je n'ai jamais joué un rôle. » Il souligne l'attachement des téléspectateurs, notamment des plus anciens, mais aussi des jeunes. « J'ai reçu beaucoup de petits messages de jeunes sur les réseaux sociaux, et la vidéo où j'annonce mon départ du JT a été vue plus d'un million de fois ! »
La ligne éditoriale maintenue
Le journaliste assure que TF1 souhaite garder la même ligne éditoriale, avec un journal de qualité en prise avec la France des clochers et des ronds-points. « Cette envie d'avoir un vrai contact avec les Français passe par quelque chose que j'ai emmené dans l'audiovisuel, un réseau de correspondants en région travaillant pour une chaîne nationale. » Il estime que la crise des « gilets jaunes » lui a donné raison. « Elle venait d'un profond malaise de gens qui ressentaient mal cette fracture territoriale terrible. Depuis, il y a beaucoup moins de critiques à l'égard du 13 Heures. Pratiquement tous les médias font de la proximité aujourd'hui. »
Des projets pour l'après
Jean-Pierre Pernaut prépare déjà la suite : « J'ai envie de faire de la radio, des magazines sur le terroir, une émission sur LCI à laquelle on est déjà en train de travailler... » Il travaille également sur une plateforme digitale regroupant « l'univers Pernaut, les régions, les beaux magazines, les opérations spéciales, ma personnalité aussi. » Il continuera à œuvrer pour SOS Villages ou l'élection du plus beau marché de France.
Le choix du successeur
Interrogé sur son successeur, Jean-Pierre Pernaut indique ne pas encore savoir qui sera choisi. « Je serai associé à sa mise en place, pour l'aider à comprendre les clés du 13 Heures. » Le critère essentiel selon lui : « C'est forcément quelqu'un qui s'intéresse aux gens et qui aime les gens, les vrais gens. » Quant à Jacques Legros, son joker, il pourrait postuler, mais « il a le même âge que moi, c'est ça le souci (rires). »
Une page qui se tourne
Jean-Pierre Pernaut officie à la tête du 13 h depuis plus de trente ans. Son journal est le plus regardé d'Europe à la mi-journée. « C'est simplement une page de l'audiovisuel qui se tourne, j'ai du mal à l'admettre mais je suis resté longtemps (rires), je déjeune avec les gens tous les jours, à partir du 1er janvier, ils déjeuneront avec quelqu'un d'autre. »



